Tribune : Jean-Guy Boin, "l’approche du marché indien par l’édition française peut être intéressante." | Livres Hebdo

Par Christine Ferrand, le 27.02.2015 (mis à jour le 03.03.2015 à 17h28) Inde

Tribune : Jean-Guy Boin, "l’approche du marché indien par l’édition française peut être intéressante."

La Porte de l'Inde à Delhi - Photo VINCY THOMAS

Par Jean-Guy Boin, directeur général du Bureau international de l’édition française (Bief).

"La 23e New Delhi World Book Fair vient de fermer ses portes. Elle avait Singapour comme invité d’honneur et faisait un "focus" sur la Corée du Sud, ce qui confirme la stratégie de cette foire vers l’Asie (la Chine sera Invitée d’honneur en 2016).

Le Bief, depuis quatre ans, est présent à cette foire avec plus de 1 000 titres présentés dans les différentes catégories éditoriales. La librairie Oxford Book Store assurait la vente des ouvrages. Elle fait partie d’un groupe, Apeejay Surrendra Group, intervenant dans différents secteurs économiques, et dispose d’une dizaine de librairies dont deux ayant un rayon de livres en français.

De plus en plus d’éditeurs dans des langues indiennes (il y en a 4 ou 5 qui ont un réel tissu éditorial sur les 22 officielles) fréquentent cet espace. Leur intérêt, s’oriente autour de la jeunesse, de la BD, comme vers les livres universitaires et les livres pratiques.

L’Inde publie plus de 90 000 nouveautés par an dont un gros tiers en langue anglaise. Elle est le 3e producteur mondial de livres en anglais. 10 % de la population comprend l’anglais quand l’hindi est la langue maternelle d’environ 200 millions de personnes sur une population totale de 1 milliard trois cents millions.

Le prix moyen d’un livre étant autour de 4 à 5 euros, le montant des droits de traduction cédés reste, dans la plupart des cas, extrêmement faible. Toutefois, l’approche du marché indien par l’édition française pour ces cessions peut être intéressante : vers l’anglais, parce qu’il existe des éditeurs (filiales de maisons anglaises ou locales) de plus en plus professionnels et que les ouvrages peuvent être vendus au-delà de l’Inde ; vers les langues vernaculaires parce qu’il existe une demande croissante des éditeurs locaux eux-mêmes plus professionnels.

Ces deux marchés sont porteurs sur un temps évidemment long. Le piratage s’est largement réduit mais on l’estime, pour le livre, à encore 20 %. Les contrats vers l’anglais devraient davantage ne pas être mondiaux mais prévoir l’exclusion du territoire indien. C’est certes difficile, mais nécessaire pour ce marché autant pour les livres en anglais que dans une langue indienne. Les éditeurs dans ces langues, en effet, ne disposent que d’un faible portefeuille de traducteurs, ils s’appuient souvent sur la version anglaise pour décider l’acquisition de droits."

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