Disparition

Le journaliste et écrivain Pierre Daix, ancien résistant et déporté, auteur de nombreux ouvrages sur l'art au XXe siècle, est mort dimanche 2 novembre à l'âge de 92 ans, a annoncé son épouse. « Françoise Daix fait part avec tristesse du décès ce dimanche matin de son mari Pierre Daix », souligne son épouse dans une déclaration écrite transmise à l'AFP. Il était l'auteur d'une cinquantaine de livres.

Taillandier a prévu de publier son dernier ouvrage Aragon retrouvé (1916-1927) en janvier.

Ancien communiste, Pierre Daix était un spécialiste de l'histoire de l'art et, plus particulièrement, de son ami Pablo Picasso. Avec 16 livres dans sa bibliographie, une grande partie de son œuvre est consacrée à Picasso, dont le dernier Picasso : L'homme au mille masques (Somogy, 2006), co-écrit avec Jorge Semprun, Maria Teresa Ocaña et Jean-Paul Barbier-Mueller. Il a aussi écrit sur le cubisme, Manet, Rodin, Gauguin, Hartung, Soulages, les surréalistes, Zao Wou-ki, Matisse, Alechinsky ou le collectionneur et homme d'affaires François Pinault: La Vie de peintre d'Édouard Manet (Fayard, 1983), L'Ordre et l'Aventure : peinture, modernité et répression totalitaire (Arthaud, 1984), Gauguin (J.-C. Lattès, 1989), François Pinault: Essai biographique (éd. de Fallois, 1998), Pour une histoire culturelle de l’art moderne : le vingtième siècle (Odile Jacob, 2000) ou encore Pierre Soulages : l'œuvre 1947-1990 (Ides et Calendes, 2000).

En 2003, il avait reçu le prix Georges-Pompidou pour sa contribution à la connaissance de l’art par ses très nombreux ouvrages sur le sujet.

On lui doit aussi Les Hérétiques du PCF (1980), Aragon (1975) ou Bréviaire pour Mauthausen (Gallimard, prix François Mauriac 2005), Avec Elsa Triolet 1945-1971 (Gallimard, 2010). L'an dernier Robert Laffont avait édité Les combattants de l'impossible : la tragédie occultée des premiers résistants communistes.

Pierre Daix était enfin l'auteur de nombreux romans comme La Dernière Forteresse (1950), Classe 42 (1951), Les Chemins du printemps (1979), L'Ombre de la forteresse (1990), Quatre jours en novembre (1994).

Collaborateur d'Aragon

Né le 24 mai 1922 à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), après des études à la faculté de lettres de Rennes et de Paris, il adhère au Parti communiste français à l'âge de 17 ans, en 1939, puis entre dans la Résistance. Arrêté, il est prisonnier au camp de concentration de Mauthausen, en Autriche, une expérience à l'origine du roman remarqué qu'il consacra en 2008 aux femmes déportées, Les Revenantes (Fayard).

A la Libération, il devient chef de cabinet du ministre communiste Charles Tillon au ministère de l'air, de l'armement et de la reconstruction, directeur adjoint des Editions sociales (1947), rédacteur en chef de la revue « Les Lettres Françaises » (1948-72), où il est le collaborateur de Louis Aragon. Il est ensuite directeur adjoint du quotidien communiste Ce Soir (1950-53).

Trente ans plus tard, il sera conseiller de la rédaction du Quotidien de Paris (1980-1985), journal classé à droite. Pierre Daix a évoqué son évolution idéologique dans son autobiographie J'ai cru au matin (Robert Laffont, 1976) et ses mémoires Tout mon temps, Révisions de ma mémoire (Fayard, 2001). D'abord aveugle face aux atrocités commises en Union soviétique, il commence par démentir l'existence d'un système concentrationnaire avant de changer de position dans les années 1960, choqué par la répression du Printemps de Prague. En 1971, il rompt avec le PCF.

Pierre Daix était Grand croix de la Légion d'honneur (la plus haute distinction de la légion d'honneur), Croix de guerre 39-45, médaillé de la Résistance.


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