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L'impossible adaptation du Petit Prince au cinéma

Extrait du film Le petit Prince

L'impossible adaptation du Petit Prince au cinéma

Oeuvre inadaptable, Le Petit Prince se risque à une version cinématographique très librement inspirée de l'oeuvre d'Antoine Saint-Exupéry. Gallimard jeunesse, Fleurus et Glénat profitent de l'événement pour envahir les librairies.

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Par Vincy Thomas
Créé le 28.07.2015 à 17h59 ,
Mis à jour le 16.02.2022 à 12h20

Les admirateurs du Petit Prince seront sans doute surpris par la version cinématographique américaine du livre. Le dessin animé réalisé par Mark Osborne, présenté hors-compétition au dernier festival de Cannes, est une initiative française, dotée d’un budget de près de 60 millions d’euros. Il a fallu neuf ans pour écrire un scénario qui allie deux points de vue opposés : une narration hollywoodienne pour plaire au plus grand nombre et l’esprit poétique et joyeux que procure l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry.
 
Le résultat final produit un sentiment d’insatisfaction, où les personnages du Petit Prince ne sont que les ingrédients d'un film hollywoodien très convenu. Aux antipodes du matériau d’origine, cette adaptation extrêmement libre prouve que Le Petit Prince était peut être inadaptable. Après tout, même Orson Welles et Walt Disney y avaient renoncé. Et Stanley Donen en 1974 en avait fait son plus mauvais film.
 
Le film croise en fait deux histoires : celle d’une petite fille contemporaine, trop sérieuse, dans un univers digne de Playtime de Tati, oppressant, dogmatique, uniforme. Et les souvenirs d’un vieil aviateur qui lui permet de s’évader dans un monde imaginaire et plus fantaisiste. Le final croisera les deux récits dans une atmosphère très proche du Brazil de Terry Gilliam. Pour le cinéaste, il s’agissait d'inventer "une histoire autour du roman afin de ne pas le trahir." Avec comme point de départ : "Et si l’Aviateur était resté vivant et n’avait jamais raconté son histoire à quiconque." L’Aviateur transmet donc à cette jeune américaine le goût du rêve, de la beauté, de l’inutile, et même de l’absurde.

Pour ceux qui verront le film, il sera indispensable d’expliquer, de lire ou faire lire l’œuvre originale. Best-seller mondial, Le petit prince reste l’ouvrage littéraire francophone tous genres confondus le plus vendu dans le monde.
 
En plus d’une réédition du texte intégral, Gallimard jeunesse a publié fin juin plusieurs livres autour du film: L’histoire du film, Le roman du film, L’album du film et Le Petit Prince raconté aux enfants. L’éditeur prévoir fin août un grand livre pop-up et fin octobre un jeu de société. Le 15 octobre, une réédition de la bande dessinée de Joann Sfar, Prix essentiel jeunesse à Angoulême en 2009 et prix Lire de la meilleure BD en 2008, est programmée.
 
Fleurus a sorti le 10 juillet un Cahier de textes et un ouvrage pédagogique, J’apprend à lire avec le Petit Prince, ainsi que deux livres ludiques, Les labyrinthes du Petit Prince et Les belles rencontres du Petit Prince. Fleurus publiera également un livre d’autocollants et Je compte les moutons avec Le Petit Prince début septembre.
 
Du côté de chez Glénat, signalons deux sorties signées Laurent Bramardi : Le Petit Prince et moi et A la recherche du Petit Prince : le making of du film de Mark Osborne.
 
Enfin, parallèlement, la musique du film est disponible depuis le 24 juillet. Signée Hans Zimmer, compositeur oscarisé pour Le Roi Lion, elle comprend quatre chansons de Camille, en anglais comme en français. La BOF est éditée par Because Music.
 

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