Les auteurs montent au créneau pour défendre leurs droits | Livres Hebdo

Par Claude Combet, le 01.12.2014 à 20h49 (mis à jour le 01.12.2014 à 21h44) MONTREUIL

Les auteurs montent au créneau pour défendre leurs droits

Salon de Montreuil lundi 1er décembre 2014 - Photo CLAUDE COMBET

Informer les auteurs et les fédérer pour défendre leurs droits, tel était l'objet de la rencontre organisée au Salon du livre et de la presse de jeunesse de Montreuil lors de la journée professionnelle du 1er décembre. L'occasion aussi de protester contre l'arrêt des publications d'Autrement Jeunesse. 

"Il fallait être très courageux pour manifester et défiler dans le Salon en tee-shirt "Les auteurs bientôt tous à poil". Mais nous avons montré qu'il était possible de mettre du collectif dans un métier très solitaire" a déclaré Carole Trébor, administratrice de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, en introduction à la rencontre "Les auteurs bientôt tous à poil".

Organisée le lundi 1er décembre, dans le cadre de la journée professionnelle du 30e Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, la table ronde a réuni Carole Trebor, Valentine Goby, vice-présidente du Conseil permanent des écrivains, et Ronan Le Breton, scénariste de BD et représentant du SNAC BD, dans le but d'informer les auteurs sur les points techniques du métier - rémunération, retraite, contrat numérique -, se faisant l'écho des difficultés et de la paupérisation des auteurs. 

Solidarité avec les auteurs d'Autrement jeunesse au salon de Montreuil le 1er décembre 2014 - Photo CLAUDE COMBET
Parallèlement, pour protester contre l'arrêt des publications d'Autrement Jeunesse, trois illustrateurs ont peint pendant les interventions une banderole "Nous sommes tous des auteurs d'Autrement", qui a ensuite fait le tour du Salon pour finir sur le stand de Casterman et de Gallimard Jeunesse. "Le risque et la précarité pèsent sur les auteurs : la disparition d'Autrement Jeunesse en est le symbole" a déclaré l'auteure Géraldine Alibeu, trésorière de la Charte. Présente dans la salle, Monique Dejaifve, directrice de Casterman Jeunesse, a rappelé que "c'était une décision prise par le groupe [Madrigall]" et qu'elle s'engageait à ce que "les droits des auteurs Autrement soient respectés"

Au taux de cotisation de 8 % pour la retraite complémentaire (pour les affiliés à l'Agessa) qui pèse lourd sur les faibles revenus des auteurs-illustrateurs, les auteurs proposent une prise en charge de 4 % par la Sofia, suggérant qu'elle pourrait être financée par une taxe sur les œuvres du domaine public ou une taxe sur le marché du livre d'occasion. "Comment préparer sa retraite quand on ne sait pas comment on va boucler les fins de mois ?" a insisté Valentine Goby. 

Fusion de la Maison des artistes et de l'Agessa

Il a aussi été question de la fusion de la Maison des artistes et de l'Agessa (et des problèmes informatiques qui en découlent), de la menace que fait peser la communauté européenne sur le droit d'auteur "à la française" et des rémunérations plus faibles pour les auteurs de jeunesse (de 5 % à 8 % contre 8 % à 12 % pour les auteurs de BD ou de littérature générale). "Il faut refuser ce type de rémunération car elle risque de rejaillir sur les autres secteurs. La BD vous soutient" a commenté Ronan Le Breton. La pratique de la "compensation inter-titres" (les ventes d'un livre pouvant être déduites de l'à-valoir d'un autre) a aussi été dénoncée à la tribune. 

"Aujourd'hui est une date historique car c'est celle de l'entrée en vigueur du nouveau contrat d'édition" a déclaré dans la salle Marie Sellier, présidente de la Société des gens de lettres, enjoignant les auteurs à être "attentifs à leurs contrats : ils ne doivent exclure aucune rémunération" a-t-elle précisé. Une autre inquiétude, sur la somme qui pourrait être perçue au titre du droit de prêt du livre numérique dans les bibliothèques, a aussi jailli au cours des débats. 

La présence dans la salle de Vincent Monadé, président du Centre national du livre, et d'Henriette Zoughebi, vice-présidente de la région Ile-de-France, a montré combien "la situation financière catastrophique des auteurs" était alarmante. Le premier les a rassuré sur l'accord Tafta qui lie l'Europe à l'Amérique, "qui exclut la culture" mais déclare qu'il faut rester vigilant. Tandis que la seconde leur a promis une concertation avec l'Education nationale et les élus sur la rémunération des interventions en collèges et en lycées. 

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