Les adaptations "BlacKkKlansman", "Burning" et "Border" couronnées au Festival de Cannes | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, à Cannes, le 20.05.2018 à 14h26 (mis à jour le 28.05.2018 à 12h35) Palmarès

Les adaptations "BlacKkKlansman", "Burning" et "Border" couronnées au Festival de Cannes

BlacKkKlansman de Spike Lee

Trois prix décernés lors du 71e Festival de Cannes ont récompensé des films adaptés de romans ou de nouvelles. La figure de l'artiste et particulièrement de l'écrivain était aussi présente au sein des films en compétition.

Le 71e Festival de Cannes s’est achevé sur le couronnement du film japonais Une affaire de famille de Kore-eda Hirokazu, Palme d’or qui récompense un film sensible et social sur une smala de marginaux de Tokyo.
 
Le palmarès a récompensé une adaptation, BlacKkKlansman, film réalisé par Spike Lee, qui reçoit le prestigieux Grand prix du jury. Le récit autobiographique éponyme de Ron Stallworth, policier noir du Colorado qui infiltre le Ku Klux Klan, est transposé avec brio par le cinéaste américain, qui en fait un divertissement engagé retraçant l’histoire de l’extrême-droite américaine et la guerre sans fin que mène les afro-américains contre un système entretenant le racisme. Le livre, qui paraît en juin aux Etats-Unis, chez Penguin, sera publié le 15 août en France par Autrement.
 
Outre le palmarès du jury de Cate Blanchett, le jury FIPRESCI de la critique internationale a distingué lui aussi un film social et politique, Burning, du sud-coréen Lee Chang-dong, adapté d’une nouvelle d’Haruki Murakami Les granges brûlées que l’on retrouve dans le recueil L’éléphant s’évapore (10-18, 2009, et Magnard, 2017).
 
Quant au jury d’Un certain regard, présidé par Benicio del Toro, il a choisi Border (Gräns), film suédois étrange et dérangeant d’Ali Abbasi, d’après une nouvelle du Suédois John Lindqvist Ajvide issue du recueil Let the Old Dreams Die, non traduit en France.
 
Si les 21 films de la compétition exprimaient souvent une colère, réhabilitant la lutte des classes, et s’intéressaient pour beaucoup à un changement d’époque, on a aussi pu remarqué l’importance de la place de l’artiste (musicien, réalisateur, écrivain) dans l’imaginaire des cinéastes. Trois films, notablement, mettaient en avant un auteur au sein de leur histoire : Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré, où l’écrivain peinait à écrire un nouveau roman, et Le poirier sauvage de Nuri Bilge Ceylan, où un jeune homme cherchait par tous les moyens à publier son premier livre. Dans Burning, c'est aussi un jeune écrivain qui cherche les clés de l'inspiration dans l'histoire inquiétante qu'il traverse. La librairie faisait d’ailleurs partie du décor dans le film de Ceylan, avec une longue conversation sur la littérature et le rôle de l’écrivain, et dans le film de David Robert Mitchell, Under the Silver Lake, où le héros découvrait un fanzine d'un dessinateur de comics dans la sublime The Last Bookstore de Los Angeles.
 
Le Festival s’est terminé sur la découverte du tant attendu L’Homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam, transposition très libre, baroque et barrée du classique de Miguel de Cervantes, qui est sorti en salles le 19 mai.

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