Trois solutions pour mieux répartir les coûts de transport | Livres Hebdo

Par Cécile Charonnat, à Marseille, le 01.07.2019 à 19h10 (mis à jour le 02.07.2019 à 17h52) RNL 2019

Trois solutions pour mieux répartir les coûts de transport

L'évolution du prix du livre ne suit pas celle des coûts d'exploitation. - Photo BPCONSEIL

Réduire les retours, obtenir la transparence sur les tarifs pratiqués en Île-de-France et augmenter le prix des livres, telles sont les voies évoquées pour réduire les frais de transport des libraires, réunis à l’occasion des 5e Rencontres nationales de la librairie.

Consacré au sujet sensible qu’est le transport, le 23e atelier des Rencontres nationales de la librairie, qui a eu lieu lundi 1er juillet au matin, a permis de donner quelques chiffres concernant les coûts, de clarifier les charges incombant à chacun (libraires, distributeurs et éditeurs), et surtout de proposer trois éléments de réflexion concernant la répartition des coûts.
  1. Agir sur les retours
"Effaré par le coût dissuasif des retours", Gilbert Castellino, propriétaire de la librairie Bleue comme une orange à La Tallaudière, a suggéré d’en diminuer les flux, véritable serpent de mer chez les libraires. Lui-même atteint un taux de 7,7%, ce qui a fait rêver beaucoup de ses confrères. Plus globalement, la possibilité de facturer aux distributeurs les frais liés aux retours causés par les offices sauvage a été rappelée. Dans le même registre, Isabelle Maillot, de Musicalame à Lyon, a expliqué "qu’en Rhône-Alpes, une partie des libraires envoyaient leur retour par coursier, ce qui permettait de réduire à 50 centimes par kilo le coût, contre 1,1 euro en passant par Prisme".
  1. Obtenir la transparence en Ile de France
La région bénéficie d’une politique particulière en matière de transport. Les distributeurs le prennent en charge et en refacturent une partie, théoriquement 50%, aux libraires. Seule inconnue, le coût réel du transport, qui n’est divulgué ni par les transporteurs ni par les distributeurs. De l’avis général des libraires présents à l’atelier, faire tomber cette opacité permettrait de lever le doute sur la refacturation opérée par les distributeurs et de clarifier la situation par rapport aux libraires de province.
  1. Augmenter le prix des livres
"Le cœur du problème du transport réside dans le fait que les libraires ne disposent pas de levier de contrôle sur leur marge commerciale alors que c’est sur celle-ci que reposent toutes les charges qu’ils ne maîtrisent pas", explique Benoît Bougerol, propriétaire de La Maison du livre à Rodez et de Privat à Toulouse. Dès lors, la seule possibilité pour gagner quelques points de marge réside dans l’augmentation du prix de vente du livre. En effet, son évolution ne suit pas celle des coûts d’exploitation en librairie. Sur cinq ans, le prix du livre a ainsi progressé de 1,7% alors que le coût de transport a bondi de 9%, a indiqué Bertrand Picard, consultant pour la chaîne du livre.

A l’issue de l’atelier, Olivier Rouard, vice-président du Syndicat de la librairie française et dirigeant des librairies Charlemagne à Toulon, a annoncé qu’une négociation collective allait être engagée auprès des distributeurs visant à obtenir la prise en charge par ces derniers de 100% des flux aller des libraires.

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