Cinq pistes pour améliorer l’impact des animations | Livres Hebdo

Par Cécile Charonnat, à Marseille, le 30.06.2019 à 20h57 (mis à jour le 02.07.2019 à 17h44) RNL 2019

Cinq pistes pour améliorer l’impact des animations

Le public des RNL 2019 s'est intéressé de près aux animations en librairie après la publication d'une étude inédite du SLF - Photo OLIVIER DION

Les libraires réunis lors des 5es Rencontres nationales de la librairie à Marseille, ont réfléchi aux modalités pour atténuer le coût des animations et pour en améliorer l’attrait auprès de leurs clients.

Véritable préoccupation des libraires, les animations ont été placées au cœur des débats, avec une séance plénière et deux ateliers, qui agitent les Rencontres nationales de la librairie, qui se déroulent à Marseille les 30 juin et 1er juillet 2019.
 
A l’issue de la première journée, la présentation de l’étude menée par Ipsos et le premier atelier, consacré à la répartition des coûts des animations, permettent déjà de dégager cinq pistes de réflexion pour renforcer leur impact auprès des clients et améliorer leur rentabilité.
  1. Réduire le nombre
"Moins pour faire mieux". Tel est sans doute le leitmotiv sur ce sujet. Alors que l’étude menée par l’institut Ipsos annonce une moyenne de 45 animations par an dans les librairies, un chiffre qui peut monter jusqu’à plus de 100 comme à la Galerne au Havre, libraires et éditeurs questionnent cette fréquence. "Que perdrait t-on à en faire 20 de moins dans l’année", s’interroge ainsi Amanda Spiegel, qui dirige Folies d’Encre à Montreuil et qui modérait l’atelier qui a eu lieu dimanche en début d’après-midi. "Nous devons sans doute apprendre à être plus sélectifs", confirme Elodie Pajot, en charge du pan commercial chez Liana Lévi, et qui a rappelé les coûts engendrés par les déplacements et des éditeurs et le temps investi.
  1. Mieux répartir les coûts
Estimant porter principalement les charges liées aux animations, les libraires en demandent également une plus juste répartition. Les éditeurs sont ainsi sollicités notamment sur la communication ou les frais de déplacement, "leur investissement se révélant souvent trop faible quand ils ne refusent carrément pas", estime Fabrice Domingo de Terra Nova à Toulouse. Une géolocalisation des auteurs a également été avancée, afin notamment de les faire intervenir "lorsqu’ils sont en vacances, ce qui minimiserait les coûts", observe Mathieu Simonet, auteur et administrateur de la Société des gens de lettre (SGDL).
  1. Repenser les dispositifs d’aide
"On attend de nous que l’on fasse des animations, que l’on soit des acteurs culturels. Je suis entièrement d’accord sur ce principe, sinon je ne serais pas devenue libraire. Mais alors je demande une prise en charge pour ce double rôle: commerce et action culturelle", revendique Amandine Barascut, créatrice des Oiseaux Livres à Saint-Yrieux-La-Perche. Organisatrice de nombreux ateliers pour la jeunesse, la libraire a choisi de rémunérer les auteurs qu’elle convie mais reconnait qu’elle est loin de s’y retrouver financièrement. Elle réclame ainsi une aide annuelle pour les animations.
  1. Réinventer la forme
Alors que les rencontres-débats sont les animations les plus fréquemment organisées par les libraires, ce n’est sans doute pas la forme la plus attendue par les clients. Apporter de la valeur ajoutée, sortir du livre, proposer d’autres champs culturels, les pistes sont nombreuses pour réinventer le concept. "Discutons sur la forme des événements, coconstruisons-les et surtout revenons à l’origine de nos métiers. Nous sommes tous des lecteurs qui aimons partager, voyons comment, à partir de cette idée, on peut faire du chiffre", propose Julien Delorme, directeur commercial des éditions La Peuplade.
  1. Faire payer
Soucieux de renouveler le format de ses animations, Olivier Paulais, cocréateur de la Virevolte à Lyon a remplacé la traditionnelle rencontre par un repas pris en plein milieu de la librairie en compagnie d’auteurs invités et de clients, auxquels il a demandé une participation de 8 euros. Testé avec les auteurs de la BD La Révolte, le concept a séduit tout le monde. "Les clients ont eu le sentiment d’avoir un moment privilégié", se souvient le libraire, qui va donc reconduire l’opération.

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