RNL 2015

Librairies indépendantes : et chez nos voisins ?

Ilaria Bussoni, Françoise Dubruille et Tim Godfray aux Rencontres nationales de la libraire 2015 à Lille - Photo OLIVIER DION

Librairies indépendantes : et chez nos voisins ?

La première journée des Rencontres nationales de la librairie s'est terminée à Lille par un panorama des secteurs de la librairie indépendante au Royaume-Uni et en Italie.
 

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Par Pierre Georges,
à Lille,
Créé le 21.06.2015 à 19h39,
Mis à jour le 21.06.2015 à 20h00

C'est dans une ambiance détendue que s'est terminée la première journée des troisièmes Rencontres nationales de la librairie, ce dimanche 21 juin à Lille, avec une dernière table-ronde intitulée : "Le regard de libraires étrangers sur la situation économique, commerciale et culturelle des réseaux de libraires indépendants".
 
Autour de Françoise Dubruille, Directrice de la Fédération européenne et internationale des libraires (EIBF), deux de nos voisins ont ainsi présenté les situations économiques et culturelles des réseaux de librairies indépendantes dans leurs deux pays : le Royaume-Uni et l'Italie.
 
Campagne de promotion des libraires britanniques, "Books are my bag" - Photo PIERRE GEORGES
L'optimisme anglais
 
Tim Godfray, directeur exécutif de la Booksellers association, en Grande-Bretagne, a présenté, à travers une présentation emplie d'humour, la situation des libraires indépendants anglais, marquée par ce qu'il qualifie  d'un certain retour du livre imprimé outre-manche.
 
Il a révélé quelques chiffres clefs des librairies indépendantes britanniques : 49 d'heures d'ouverture hebdomadaires (dont le dimanche), 3,8 employés, une marge brute de 41%, et 6% des revenus provenant ... des ventes de cafés.
 
Revenant ensuite sur la place d'Amazon en Europe, et sur les considérations culturelles des libraires indépendants britanniques, Tim Godfray a lançé, à l'attention des libraires présents : "Concentrez vous sur les stratégies que Amazon ne peut pas copier".

"Vous gagnerez peu d'argent, mais votre vie sera enrichissante et agréable, a t'il expliqué aux libraires français présents dans la salle. "Grace à vous et à vos collègues anglais, il y aura toujours de bonnes librairies, et je suis optimiste pour l'avenir".
 
En Italie : un contexte difficile 
 
Nettement plus pessimiste, Ilaria Bussoni, Directrice éditoriale de DeriveApprodi et membre du Conseil de direction de l'Observatoire de l'édition indépendante en Italie, a commencé par présenter le secteur translpin comme "le parfait exemple à ne pas suivre". "Ma présentation vous montrera tout ce qu'il ne faut pas faire" a-t-elle exhortée, ironiquement.
 
Ilaria Bussoni note un désengagement croissant des italiens pour la lecture, citant en exemple le traditionnel secteur des sciences humaines en chute libre. Avec une tendance des ventes à la baisse sur les cinq dernières années, une crise du lectorat (moyenne de 41% de la population qui lit un livre par an en Italie), elle a pu aussi citer un clivage géographique important entre le nord et le sud du pays. "Seuls 14% des Italiens lisent 12 livres par an et plus, et ce sont surtout des professseurs à la retraite" a-t-elle précisé.
 
Pour conclure, Mme Bussoni a insisté sur la trop forte concentration verticale du marché transalpin, et d'un futur marché dans lequel il n'y aura bientôt plus qu'un seul distributeur pour l'ensemble des libraires indépendants en Italie : "parfois pour livrer un livre dans une librairie à 30 kilomètres du dépot, il fait maintenant un détour de 800 kilomètres".

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