Disparition

Décès de François Hirsch, traducteur de Milan Kundera et de Cormac McCarthy

François Hirsch

Décès de François Hirsch, traducteur de Milan Kundera et de Cormac McCarthy

Traducteur d'anglais, de tchèque et de russe, François Hirsch travaillait majoritairement pour Gallimard et les éditions de l'Olivier. Il est mort le 12 octobre dernier. 

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Par Pauline Gabinari,
Créé le 22.10.2021 à 17h34,
Mis à jour le 22.10.2021 à 18h00

L’insoutenable légèreté de l’être, La valse aux adieux, Le livre du rire et de l’oubli… au-delà du romancier tchèque (naturalisé français) Milan Kundera, il y a derrière tous ces noms envoûtants, leur traducteur français, François Hirsch. Du nom de plume François Kérel, l’homme de 95 ans est décédé mardi 12 octobre à Carcassonne. 
 
Né en 1925, l’adolescence de François Hirsch se déroule entre fuite et sauvetage. En pleine guerre et alors âgé de 17 ans, le jeune homme s’échappe avec sa mère et sa tante sur les routes de France à cause de leur confession juive. Ils trouvent refuge, comme 3000 autres exilés, à Chambon-sur-lignon, une petite commune de Haute Loire appelée depuis, le village des justes. Son père n’a pas la même chance, il est envoyé au début des années 40 à Auschwitz où il sera gazé. 
 
De New York à Prague
 
De retour à Paris après la guerre, François Hirsch entame des études de droit qu’il abandonne au profit des langues. Il concentre son activité autour du Russe et du Tchèque qu’il perfectionne à l’INALCO pour, dès 1965, réussir le concours de traduction de l’ONU. Il voyagera ensuite pour l’organisation internationale, à New York et à Genève.  
 
C’est dès 1970, avec Risibles amours qu’il débute ce travail de presque une vie. Conjuguant traductions littéraires et travaux pour l’ONU, il devient vite le traducteur français officiel de Milan Kundera puis de Cormac McCarthy dont il traduit le célèbre La route (L’Olivier), et tous ses romans suivants, dont ceux de "La Trilogie des confins" et Le gardien du verger. Eternel amoureux des poètes et de la poésie, il laisse derrière lui son dernier travail d’orfèvrerie, une traduction du poète tchèque, Vítězslav Nezval intitulée Prague aux doigts de pluie (janvier 2022, éditions Manifeste).  
 

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