Une exposition dédiée à l'écrivain Hugo Claus à Bruxelles | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, avec afp, le 28.02.2018 à 14h51 (mis à jour le 28.02.2018 à 15h00) Belgique

Une exposition dédiée à l'écrivain Hugo Claus à Bruxelles

Hugo Claus embarquant au Havre pour New York en 1959

Le Palais des beaux-Arts de Bruxelles célèbre l'écrivain néerlandophone dix ans après son décès.

Pour le dixième anniversaire de sa mort, Hugo Claus, icône de la culture belge d'expression néerlandaise, dévoile ses multiples facettes d'artiste, au goût prononcé pour la provocation, les femmes et la France, dans une exposition, "Hugo Claus, con amore", qui ouvre ce mercredi 28 février, et jusqu'au 27 mai, au Palais des Beaux-Arts (Bozar) de Bruxelles. 

Connu pour son roman Le chagrin des Belges (Points, traduit par Alain Van Crugten), dans lequel il accuse une certaine bourgeoisie catholique flamande de complicité avec l'occupant allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, ce natif de Bruges, atteint de la maladie d'Alzheimer et mort par euthanasie en mars 2008 à l'âge de 78 ans, a aussi été peintre, cinéaste, poète ou dramaturge à scandale.

En 1968, il avait été condamné à une peine de prison avec sursis pour outrage public aux bonnes mœurs. Dans sa pièce Masscheroen, à l'époque où les étudiants se rebellaient contre l'ordre établi, il avait représenté la Sainte Trinité par trois personnages entièrement nus sur scène.

Œuvres d'art et pétanque

Dans l'exposition sont abordés en huit chapitres tous les aspects de l'œuvre foisonnante de Claus, à travers des archives, des photos, croquis, affiches, extraits de textes ou des effets personnels de l'artiste comme un télégramme de félicitations reçu pour un prix littéraire au tout début de sa carrière. On y trouve aussi des œuvres d’art d’Appel, Raveel et Ensor, entre autres, mais aussi d’artistes contemporains comme Borremans, De Cordier, Dillemans et Vanriet.

Le parcours relève du "portrait intime", de la "déclaration d'amour à l'homme et à son œuvre", selon son concepteur, le journaliste et cinéaste belge Marc Didden. En guise d'introduction, une courte vidéo montre l'artiste flamand jouer à la pétanque avec des amis sur une place ensoleillée. "On apprend bien mieux à connaître mon caractère à la pétanque que dans la littérature", affirme-t-il dans le film.

Au chapitre "un Flamand à Paris" sont évoqués plusieurs de ses passages dans la capitale française. Dans les années 50 lorsqu'il y fréquente, sans le sou, le mouvement artistique Cobra, comme son compatriote le peintre belge Pierre Alechinsky. Et trente ans plus tard, quand il est l'invité en 1985 de l'émission littéraire "Apostrophes".

Un autodidacte à "Apostrophes"

Hugo Claus ironise alors sur "l'esprit français", cette manière de briller en société avec "jeux de mots et calembours". "Quand je vois les Français s'esclaffer sur ce qui ne m'arrache aucun sourire, alors je me sens très flamand", avoue-t-il sur le plateau de Bernard Pivot.

Réputé fêtard, amoureux des actrices, Hugo Claus est d'abord "un autodidacte", "un ouvrier du livre", d'après les organisateurs de l'exposition. Petit rat de bibliothèque à 19-20 ans, quand il a commencé à publier, il est resté un travailleur acharné de l'écriture jusqu'à la fin de sa vie.

En France, l'auteur a été publié chez Grasset (La chasse aux canards), Actes Sud (Honte), L'Age d'homme (Le désir, L'espadon et son intégrale théâtrale), De Fallois (Belladonna, La rumeur), Stock (L'étonnement), Calmann-Lévy (Gilles la nuit), Le Seuil (Le dernier lit, Le passé composé), de Fallois et Julliard (la première édition du Chagrin des Belges).

Bozar organisera une soirée littéraire Pour Claus, avec amour, le 19 mars, exactement 10 ans après sa mort.

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