Futuropolis lance « La Bibliothèque fantastique des frères Brizzi », une nouvelle collection consacrée aux adaptations de textes du patrimoine littéraire fantastique et gothique. Le premier titre, Le Horla de Guy de Maupassant, paraîtra le 6 mai. Il est signé par Paul et Gaëtan Brizzi.
La collection prévoit la publication d’un ouvrage par an, chacun consacré à une œuvre de la littérature de genre, principalement des récits courts ou des nouvelles. « L’idée est de proposer une nouvelle lecture visuelle de la littérature fantastique », explique l’éditeur et directeur de collection Alain David.
Une collaboration de longue date
Ce projet s’inscrit dans la continuité d’un compagnonnage engagé depuis une quinzaine d’années entre Futuropolis et les frères Brizzi.
Les auteurs ont déjà réalisé plusieurs adaptations littéraires, dont La Cavale du docteur Destouches en 2015, leur première bande dessinée, ainsi que des œuvres de Balzac, Boris Vian et plus récemment Le Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux (5 597 exemplaires vendus).
Pour Alain David, « créer cette collection avec les frères Brizzi est la conséquence directe de tout ce que nous avons pu faire ensemble depuis dix ans ».
Le choix du Horla
L’idée d’une collection s’est imposée au fil de leur travail sur Le Fantôme de l’Opéra. « Quand on a terminé ce projet, on s’est demandé sur quoi travailler ensuite », raconte Gaëtan Brizzi. « Devant toutes les possibilités, on s’est dit qu’il était dommage de choisir un seul titre, donc on a décidé d’ouvrir une collection. »
Le Horla de Guy de Maupassant a finalement été retenu pour inaugurer la série. « C’est une histoire de schizophrénie, rappelle Gaëtan Brizzi. On a aimé travailler sur cette ambiguïté : est-ce que le Horla existe ou est-ce une hallucination ? »
Publié en 1887, le texte compte parmi les œuvres majeures de Guy de Maupassant (1850-1893). Il met en scène un narrateur progressivement convaincu d’être sous l’emprise d’une présence invisible, jusqu’à sombrer dans la folie.
Une méthode d’adaptation héritée du cinéma d’animation
Issus du monde de l’animation, où ils ont notamment travaillé pour Disney et participé à des films comme Astérix et la surprise de César ou Fantasia 2000, les frères Brizzi prolongent aujourd’hui cette expérience dans leur pratique de la bande dessinée.
Leur méthode d’adaptation s’appuie sur un travail en plusieurs étapes. « Le meilleur moyen d’avoir une bonne histoire, c’est de partir d’auteurs qui ont déjà fait le travail », explique Paul Brizzi. « On commence par une lecture fraîche de l’œuvre, puis on réécrit le scénario en retirant ce qui nous semble secondaire, tout en respectant la trame et l’esprit du texte. »
Pages 22 et 46 du Horla des frères Brizzi (Futuropolis)- Photo FUTUROPOLISPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Le travail est ensuite réparti entre les deux auteurs : Paul Brizzi prend en charge les personnages, tandis que Gaëtan Brizzi réalise les décors, avant une finalisation commune des planches. « Ces acquis de l’animation se ressentent dans leur manière de faire de la bande dessinée, les personnages sont extrêmement vivants », souligne Alain David.
Une collection appelée à se développer
Le Horla comptera 80 pages en noir et blanc et sera proposé au prix de 19 euros. Le tirage annoncé est de 8 500 exemplaires.
Les auteurs travaillent déjà sur le prochain titre, une adaptation de La Femme au collier de velours d’Alexandre Dumas. « C’est aussi un grand écrivain de notre littérature que nous sommes fiers de servir », ajoute Gaëtan Brizzi.
Les deux auteurs, qui disent « détester travailler sous la pression », indiquent avoir déjà finalisé le scénario. La réalisation d’un album de 80 pages s’étale ensuite sur environ six mois. Un rythme soutenu, d’autant qu’ils mènent plusieurs projets de front : en parallèle de cette collection, ils poursuivent leur collaboration avec les éditions Daniel Maghen et préparent un livre illustré chez Bragelonne.
Transmission et réception
À travers cette collection, les deux frères revendiquent une volonté de transmettre un patrimoine littéraire : « J’ai peur que notre époque fasse tomber ces grands auteurs dans l’oubli » s'inquiète Gaëtan Brizzi.
De son côté, Alain David souligne : « Mon objectif est de constituer, pour chaque ouvrage, une entrée vers l’auteur, et de permettre, si possible, sa redécouverte par les lecteurs. »
L’éditeur souligne par ailleurs la bonne réception du Fantôme de l’Opéra, sélectionné au Grand prix des ados, une distinction destinée aux lycéens créée par le Festival Livres & Musiques de Deauville et les Espaces Culturels E.Leclerc de Normandie. « Certains élèves ont découvert l’œuvre de Gaston Leroux à travers cette adaptation, observe Alain David. C’est intéressant de voir comment ces textes peuvent continuer à toucher de nouveaux lecteurs. »

