Sébastien Gnaedig directeur éditorial des éditions Futuropolis, nommé aux Trophées de l'édition 2025 - Photo Olivier Dion
Sébastien Gnaedig, acteur du renouveau de Futuropolis [4/5]
Trophée de l'éditeur ou éditrice de l'année [4/5]. Cette semaine, Livres Hebdo présente chaque jour un des nommés pour les Trophées de l’édition 2025 dans la catégorie éditeur ou éditrice de l’année. Aujourd’hui, Sébastien Gnaedig, directeur éditorial depuis 2004 des éditions Futuropolis, acteur du renouveau.
Par
Louise Ageorges Créé le
05.02.2025
à 12h30, Mis à jour le 05.02.2025 à 15h10
Sébastien Gnaedig a consacré toute sa vie à la bande dessinée. « Je suis tombé dedans tout petit », sourit ledirecteur éditorial de Futuropolis dont la carrière professionnelle s'est toujours trouvée environnée de bulles. Après s'être formé à l’IUT Métiers du livre de Bordeaux sur la recommandation de Pierre Michaud, alors libraire à l'Atalante (Nantes), il fait d'ailleurs ses premiers pas en tant que stagiaire en 1989 chez... Futuropolis. Trente-cinq ans plus tard, la boucle est bouclée : c'est pour son travail à la tête de cette même maison qu'il est nommé aux Trophées de l'édition 2025.
« Empathie et curiosité »
Des Humanoïdes Associés à Delcourt, en passant par Dupuis, Sébastien Gnaedig a multiplié les expériences et les rencontres fondatrices tout au long de sa carrière. Il revient notamment sur plusieurs entrevues avec Guy Vidal, alors rédacteur en chef de Pilote : « De nos conversations, j'ai retenu deux qualités fondamentales du métier : l'empathie et la curiosité ». Un mantra qui ne cesse de l'accompagner depuis.
C'est sûrement ce qui vaudra à l’éditeur une proximité et une fidélité avec certains des plus grands : Enki Bilal, Nicolas de Crécy, Turf, Emmanuel Lepage, Étienne Davodeau ou plus récemment Joe Sacco. Lorsqu'il évoque ses auteurs, Sébastien Gnaedig conserve l’admiration des débuts. « J'ai emmené Jean Giraud pour la première fois à l'imprimerie », raconte-t-il, émerveillé. Empreint de doutes, il prendra d’ailleurs le temps de sonder ces artistes avant de rejoindre Futuropolis en 2004.
« Reconstruire une maison d’édition, c'est une vraie chance »
À l'époque, après dix ans de sommeil, la maison d’édition de Florence Cestac et Étienne Robial est en chantier. « Reconstruire une maison d’édition en partant quasiment de zéro, c'est une vraie chance », confie l’éditeur. Accompagné d'Alain David (cofondateur des éditions Rakam) et de Claude Gendrot (désormais à la retraite), Sébastien Gnaedig donne un nouveau souffle à Futuropolis en tant que directeur éditorial.
En plein boom du numérique, il mise alors sur l’objet et crée le roman graphique cartonné à dos rond avec son collaborateur de toujours, le maquettiste Didier Gonord. Désireux de réinventer le format, l’éditeur reste attaché à son essence : « La bande dessinée est un art empathique, par la narration et le dessin. »
« Ce que je retiens de mon métier, c’est l'évolution incroyable de ce média »
Dès les premières années, l’éditeur rompt avec le concept de collections, jugées trop contraignantes pour les auteurs. Avec une quarantaine de parutions chaque année, Sébastien Gnaedig se rappelle de l’année 2009 et de ses 50 parutions comme l’une des pires de Futuropolis : « Ça montre qu’en tant qu'éditeur, il faut apprendre à dire non, c’est très dur, mais il faut faire des choix. »
En 35 ans de carrière, l'éditeur a évolué avec son temps. En 2024, il intègre une nouvelle éditrice, Marie-Agnès Le Roux. « Aujourd'hui, nous sommes perçus comme des vieux par les jeunes autrices, il faut se réinventer. » Jury des grandes écoles de dessin et de BD Estienne et de Saint-Luc à Bruxelles, l'éditeur reste en quête de nouveautés. : « Ce que je retiens le plus dans mon métier, c’est l’évolution incroyable de ce média. »
2024 : poursuivre une ouverture sur le monde
Depuis, le directeur éditorial n’a cessé d’ouvrir les frontières du genre et conclut une année riche en nouveautés. La maison s’est ouverte à de nouveaux styles d'écriture, notamment scientifique dans le cadre de la BD Geographia, ouvrage mené en novembre de concert avec la BNF.
« Pour les 50 ans, j’ai voulu relier les deux histoires »
2024 marque surtout les 50 ans de Futuropolis, une année charnière pour l'éditeur : « Pour le cinquantenaire, avec le soutien de Florence Cestac, j’ai voulu relier les deux histoires. » Présentée comme un premier moment fédérateur, l’éditeur se remémore enjoué une interview croisée menée par Livres Hebdoen février avec la cofondatrice.
En 2024, tous deux ont ainsi sillonné la France avec des auteurs et autrices qui ont marqué l’histoire de la maison, comme Baudoin, Emmanuel Lepage, David Prudhomme, Louison : « Certains de nos auteurs ont ouvert des voies, l'idée était de remettre en valeur cette contribution. »
Considéré par l’éditeur comme l’ouvrage des 50 ans, Au pied des étoiles d’Emmanuel Lepage et Baudoin, sur le voyage de deux auteurs partis au Chili observer les étoiles, semble finalement avoir scellé les deux mondes.
L'Éditeur ou l'Éditrice de l'année 2025
Pour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Face à l'éventuelle ouverture d'une Fnac en périphérie de Lons-le-Saunier (Jura), les quatre librairies indépendantes de la ville adressent une pétition aux autorités locales pour alerter sur la mise en danger de leurs commerces, et de l'attractivité du centre-ville, que représente selon elles une telle implantation. Livres Hebdo fait le point avec Aurélie Javelle, gérante de la librairie Guivelle, sur ce projet contesté.
Repris en 2017 par Elsa Pallot et Benoît Reiss, Cheyne éditeur continue de déployer ses ailes au service de la poésie contemporaine avec l'ouverture à la mi-juillet d'un espace librairie à Devesset, petite commune ardéchoise. L'éditeur-imprimeur, qui propose déjà des visites de son atelier, inaugure par ailleurs un format de balade-lecture et dévoile le programme de son festival, Poetik'Altitude, de retour du 22 au 24 octobre 2026. Tour d'horizon de ces nouveautés avec Elsa Pallot, codirectrice.
« Un honneur et une nécessité ». C'est ainsi que Samuel Aubert, l'un des quatre nouveaux gérants des Parleuses, à Nice, qualifie ce projet collectif de reprise. Fermée depuis la mi-mai, la librairie féministe reprend du service à partir du mardi 11 août 2026. L'équipe entend poursuivre dans la voie militante qui a fait le succès de l'enseigne, tout en ajoutant sa touche avec, par exemple, la création d'un rayon dédié aux arts.
Par
Souen Léger
Abonnez-vous à Livres Hebdo
Accès illimité à tous les articles du site
LH le Magazine, le mensuel
LH Spécial, le thématique
Les bibliographies : Livres du Mois et Livres de la Semaine
Les Newsletters réservées aux abonnés : Internationale, juridique, la lettre du rédacteur en chef.
Également disponibles sur notre boutique :
Numéros à l'unité, hors-séries, annuaire et planisphère.