Né en 1976 comme un simple guide pour les étudiants de Nancy, le Petit Futé célèbre cette année son 50ᵉ anniversaire autour d'une ambition simple. « Notre credo : déployer notre expertise, partout », d'après Louis Auzias, directeur général du guide créé par son père, Dominique Auzias, et Jean-Paul Labourdette, toujours président.
« L'idée de départ était toute bête : créer un guide pour les étudiants nancéens, en leur donnant les bons plans pour sortir, manger, acheter leur matériel informatique… », se souvient ce dernier. Le concept s'étend ensuite rapidement : une collection de guides sur 18 villes de France en 1980, puis sur les départements, et les régions. « En 1991, nous nous sommes dit que nous savions faire les guides sur la France, alors pourquoi pas sur le reste du monde ? Nous avons commencé par un ouvrage sur la ville la plus extraordinaire du monde : New York », poursuit Jean-Paul Labourdette.
190 pays sur 193
L'ambition était déjà forte : proposer des guides sur toutes les destinations de la planète. « 50 ans plus tard, la mission est accomplie : sur les 193 pays reconnus par l'ONU, nous en traitons 190. Manquent l'Irak, le Liberia et la Sierra Leone », précise le cofondateur. Un développement qui fait aujourd'hui du Petit Futé la plus large collection de guides sur le marché francophone, avec une gamme de 800 titres, dont certains pays proposés en exclusivité : l'Afghanistan, l'Algérie ou encore la Corée du Nord.
Depuis les années 2000 se poursuit cette même volonté de créations tous azimuts : « navire amiral » petitfuté.com (premier site d'informations touristiques en langue française avec 75 millions de visiteurs annuels d'après Médiamétrie), d'un magazine en 2006, collection de carnets de voyage dédiés aux agences de voyages qui les revendent à leurs clients, mais aussi collection de city guides, de guides pour enfants, de livres de coloriages, d'un podcast dévoilé prochainement…
« Cette approche se traduit aussi sur notre présence sur les réseaux sociaux, où nous mixons des pages très locales, sur des micros régions de France, avec des pages nationales. Ceci sur TikTok aussi bien que sur Instagram et Facebook. Nous sommes désormais un éditeur de guides aussi bien qu'un média à part entière », indique Louis Auzias.
Un modèle à part
Ceci avec un modèle qui reste singulier dans une édition touristique en plein chambardement. D'abord par l'indépendance. « Nous n'avons ni été dévorés par un grand groupe, ni par des fonds anglo-saxons. Le capital reste familial, ce n'est pas toujours confortable, mais notre liberté est totale », résume Jean-Paul Labourdette.
Ensuite par le modèle économique : 70 % des revenus du Petit Futé proviennent du B2B. À savoir de la publicité ou encore de la monétisation du site internet, notamment via l'affiliation avec Booking ou Get your Guide. Les 30 % restants viennent de la vente de guides, en librairie ou aux agences de voyages, avec une diffusion assurée par le groupe Madrigall.
Une stratégie qui permet, d'après la direction, de compenser l'érosion du marché du guide touristique. « Les activités B2B et digital augmentent chaque année avec une croissance à deux chiffres », glisse aussi Louis Auzias, qui précise que pour les années à venir, la stratégie restait inchangée. À savoir : « Trouver l'expertise du Petit Futé, partout, que ce soit en guide, sur les réseaux, ou en podcast ».
