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Relations auteurs-éditeurs: la situation s'améliore... un peu

Hervé Rony (Scam), Marie Sellier, Benoit Peters (Scam) et Geoffroy Pelletier (SGDL), lors de la présentation du 7e baromètre des relations entre auteurs et éditeurs, le 12 mars à Paris - Photo IC LIVRES HEBDO

Relations auteurs-éditeurs: la situation s'améliore... un peu

40,2% des 1200 auteurs ayant répondu au 7e baromètre de la Scam et de la SGDL disent avoir des relations satisfaisantes ou excellentes avec la majorité ou la totalité de leurs éditeurs.

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Par Hervé Hugueny, Isabel Contreras,
Créé le 12.03.2018 à 14h28,
Mis à jour le 12.03.2018 à 17h35

Présenté le 12 mars à Paris, le 7e baromètre des relations entre auteurs et éditeurs montre quelques points d'amélioration, notamment en ce qui concerne le travail sur l'œuvre, sa diffusion et sa promotion, mais il reste une marge importante de progression quant à la clarté de l'information (contrats, redditions de comptes), et la rémunération. "La situation des auteurs n’est pas particulièrement facile et elle n’a pas eu tendance à s’améliorer ces dernières années", a déclaré Benoît Peters, président de la Commission de l’écrit à la Scam, lors de la conférence de presse.
 
Au global, 40,2% des auteurs répondants disent avoir des relations satisfaisantes ou excellentes avec la majorité ou la totalité de leurs éditeurs (40% en 2015, lors du baromètre précédent). En revanche 8% entretiennent de mauvaises relations avec tous leurs éditeurs, 29,2% avec une majorité d'entre eux, et 22,2% se trouvent dans un entre-deux, n'ayant de bonnes relations qu'avec une partie de leurs éditeurs. La quasi-totalité des auteurs passent par plusieurs éditeurs au cours de leur vie d'écrivain.
 
Travail éditorial 
 
L'amélioration la plus nette se constate sur le cœur du travail éditorial: 68% des répondants sont "satisfaits de la relation avec leur éditeur quand elle touche à son aspect créatif" (contre 53% en 2010); 54% apprécient également le travail de leur éditeur quant à la diffusion de leurs livres, et la situation s'améliore pour la promotion (45% de satisfaits, contre 35%), même si les mécontents restent plus nombreux (49%). 
 
Près de 64% des auteurs jugent leurs contrats satisfaisants contre 58% en 2015, progression peut-être due aux dispositions introduites au Code de la propriété intellectuelle depuis 3 ans. 11% d'entre eux ont d'ailleurs utilisé une des nouvelles clauses facilitant la reprise de leurs droits. Mais 36,2% des auteurs considèrent que leurs contrats "ne sont que parfois clairs et explicites", et 16,7% affirment qu'ils ne le sont que rarement ou jamais. Le taux est encore moins bon pour la partie numérique et droits dérivés. Le recours à un agent littéraire a presque doublé, tout en restant très minoritaire (3,4% des auteurs, contre 2%).
 
Rémunération
 
48% des auteurs jugent que leur situation matérielle est restée stable au cours des deux dernières années, contre 44% regrettant une détérioration, et 8% seulement se félicitant d'une amélioration. Les réponses détaillées sur la rémunération prévue par les contrats apportent des réponses contrastées: 26% des auteurs ne perçoivent jamais d'à-valoir (22% en 2015). Quand ils en reçoivent un, il est inférieur à 1500 euros pour 34% d'entre eux (38% en 2015), mais supérieur à 3000 euros pour près de 29% d'entre eux (28% en 2015).
 
Le taux moyen des droits ne dépasse pas 10% pour 68% d'entre eux, comme en 2015. La moyenne de la rémunération s'établit à 7,2% (et 11,1% pour le numérique). Par catégorie, elle de 8,5% en roman, 8% en BD, 7,7% en essais et documents, et seulement 5,2% en jeunesse. Les auteurs jeunesse doivent se contenter d'un taux de droits curieusement établi le plus souvent à 6%, divisé lorsqu'ils sont deux (texte et illustration) pour les albums.
 
Les redditions de comptes établissant ces droits ne sont jugées claires et complètes que pour 37% des auteurs, sans amélioration (un modèle type de relevé sera proposé, voir Livres Hebdo n° 1165 du 16 mars 2018, à paraître), et 64% des auteurs doivent écrire à leurs éditeurs pour en obtenir le paiement (parfois, souvent ou toujours). Et 15% ne reçoivent jamais rien; la proportion monte à 52% en ce qui concerne les droits étrangers. "Il reste encore beaucoup de travail à faire. La situation reste un peu chaotique et baroque. C’est toujours et encore aux auteurs de réclamer leurs droits", lance Hervé Rony, directeur général de la Scam. "On doit rappeler aux éditeurs qu’il faut toujours rendre des comptes même si on n’a pas de droits à verser", a souligné de son côté Geoffroy Pelletier, directeur général de SGDL. La gestion collective devient une rémunération complémentaire reçue par un nombre grandissant de répondants, que ce soit au titre du droit de prêt en bibliothèque (66% d'entre eux), du droit de photocopie (50%), ou de copie privée numérique (41%).
 
1200 auteurs ont répondu par mail au questionnaire du 7e baromètre des relations entre auteurs et éditeurs, réalisé par la Scam et par la Société des gens de lettres (SGDL). Le premier baromètre a été réalisé en 2009 avec quelque 500 répondants.

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