Quelles perspectives pour le livre numérique dans l’enseignement supérieur? | Livres Hebdo

Par Véronique Heurtematte, le 19.03.2019 à 11h43 (mis à jour le 19.03.2019 à 12h00) Débat

Quelles perspectives pour le livre numérique dans l’enseignement supérieur?

Qu'est ce qui freine le développement des livres numériques dans les BU, et comment inverser la tendance ? - Photo VÉRONIQUE HEURTEMATTE

Une rencontre organisée lundi 18 mars pendant la journée professionnelle de Livre Paris a mis en lumière les principaux freins au développement des livres numériques dans les bibliothèques universitaires, mais aussi les leviers à activer pour inverser la tendance.
 

Plus d'une décennie après leur apparition, les livres numériques sont toujours, contrairement aux revues électroniques, assez faiblement présents dans les bibliothèques universitaires, où ils représentent environ 5 % des acquisitions. Quels freins demeurent aujourd’hui à l’essor de ce support dans l’enseignement supérieur et quels sont les leviers qui en permettraient le développement ? Les participants à la table ronde organisée sur le sujet lundi 18 mars pendant la journée professionnelle de Livre Paris, ont proposé une synthèse très complète des enjeux attachés à cette question.
 
Les freins, toujours nombreux

Freins financiers, techniques, juridiques, manque de visibilité, offre encore insuffisante : les raisons qui limitent l’essor du livre numérique dans les bibliothèques de l’enseignement supérieur demeurent nombreux. La question de l’offre trop limitée revient souvent, notamment en sciences humaines et sociales, où elle s’est constituée tardivement. "L’offre n’est pas faible, a cependant nuancé Sébastien Respingue-Perrin, membre de Couperin, le consortium qui négocie les ressources documentaires électroniques pour ses adhérents. Mais elle est disséminée et donc moins visible que pour les livres imprimés". Le frein technologique, dû à la présence de DRM (Digital Rights Management), a également été rappelé. "Les éditeurs sont conscients que les DRM n’offrent pas les conditions de lecture optimale, a admis Virginie Clayssen, directrice de l’innovation du groupe Editis et présidente de la commission numérique du syndicat national de l’édition. Mais dans le cadre du prêt en bibliothèque, ils sont nécessaires, car si on ne peut en contrôler la durée, le prêt devient un don. Il faut trouver une solution qui protège les fichiers sans frustrer les lecteurs et sans que cela soit compliqué à gérer techniquement pour les bibliothécaires."
 
Rendre le livre électronique plus interactif

L’essor des livres numériques dans l’enseignement nécessitera l’amélioration de plusieurs points clés. Le premier est d’ordre technologique. "Le futur du livre numérique se joue aujourd’hui au sein du World Wide Web Consortium où se rapprochent les connaissances issues du Web et celles du monde éditoriales", a expliqué Virginie Clayssen. Le format ePub 4, en particulier, permettra de mieux accueillir certains formats tels que le livre audio et certains types d’ouvrages comme les bandes dessinées. La généralisation de LCP, nouvelle génération de DRM, facilitera également l’expérience des utilisateurs.

Yannick Déhée, P-DG de Nouveau Monde édition et Numérique Premium, a incité les éditeurs à travailler à rendre le livre électronique plus interactif. Sa maison a en projet un manuel d’histoire numérique qui sera enrichi de cartes interactives, d’images et de son.

Olivier Caudron, inspecteur général des bibliothèques et auteur d’un rapport sur l’offre numérique éditoriale pour les étudiants publié en mars 2018, a rappelé la nécessité de faire évoluer le cadre réglementaire et d'adapter pour les livres numériques la législation sur le droit de prêt en bibliothèque des livres imprimés. La solution sera également d’ordre pédagogique : l’intégration des livres électroniques dans les plateformes pédagogiques des universités stimule leur utilisation.  
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