Les libraires craignent une généralisation de la gratuité des manuels en Occitanie | Livres Hebdo

Par Clarisse Normand, le 07.02.2017 à 18h49 (mis à jour le 07.02.2017 à 19h00) Scolaire

Les libraires craignent une généralisation de la gratuité des manuels en Occitanie

Les libraires de la nouvelle région Occitanie s’adressent aux politiques de leur nouvelle région pour les alerter sur les risques que ferait courir l’abandon de la carte jeune au profit de la gratuité des manuels de lycée.

Dans une lettre adressée à Carole Delga, présidente de l’Occitanie, la nouvelle région née de la fusion du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées, Jean-Pierre Marchant, gérant de la librairie Caumes des livres à Millau, se fait l’écho des inquiétudes de ses collègues de Midi-Pyrénées. Il dénonce les risques d’une harmonisation des dispositifs d’aide à l’achat des manuels de lycée privilégiant le système de gratuité qui est appliqué en Languedoc-Roussillon, au détriment de la carte jeune en vigueur en Midi-Pyrénées.

Deux systèmes distincts

Alors que le nouveau conseil régional est en train de procéder à des arbitrages sur le sujet, le libraire met en lumière les conséquences qu’ont eu chacun des systèmes sur l’évolution du paysage de la librairie. Rappelant que Midi-Pyrénées a fait le choix "d’une aide aux familles, modulée selon les revenus, via la Carte jeune", il explique que "cette politique de financement par carte à puce:
- préserve l’économie du réseau de librairies indépendantes: en Midi Pyrénées, nous sommes 160 établissements pour qui la carte est devenue un moyen de paiement significatif, générant un CA direct de 2 millions d’Euros. Pour notre seule librairie par exemple, elle représente à ce jour 8% du chiffre d’affaires annuel;
- génère une augmentation de la fréquentation des librairies. Pour les milieux les plus défavorisés, les manuels scolaires représentent encore souvent le premier achat en librairie, et un premier pas vers d’autres lectures;
- induit l’achat d’autres ouvrages complémentaires…
- amène les familles à une fréquentation régulière de nos établissements, concourant ainsi puissamment à leur animation."
 
A l’inverse, poursuit le libraire, l’application du système d’appel d’offres "tel que pratiqué en Languedoc Roussillon:
- exclurait de facto de ce processus tous les petits libraires, et favoriserait les grossistes, voire les grands faiseurs étrangers à la Région;
- menacerait directement les libraires indépendants par la disparition des parts indispensables de chiffre d'affaires qu’ils captent par le biais de la carte… Pour notre librairie par exemple, la suppression de la carte jeune remettrait en question les projets d’agrandissement et de recrutement programmés pour 2017;
- détournerait de nos librairies un public jeune et ouvert aux autres champs éditoriaux;
- affaiblirait inexorablement le maillage territorial de librairies existant."
 
Ventes vitales

Assurant que "le chiffre d’affaires du scolaire est vital pour la survie de nos petites librairies", Jean-Pierre Marchant appelle ses collègues à se mobiliser pour faire entendre l’ensemble de ces arguments et ainsi favoriser la pérennisation de la carte jeune qui contribue " au maintien des établissements, et donc à celui de la meilleure diffusion sur notre territoire de l’offre éditoriale locale et nationale."

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