Polémique

Le Robert défend l'ajout du pronom "iel" dans son dictionnaire

Photo LE PETIT ROBERT

Le Robert défend l'ajout du pronom "iel" dans son dictionnaire

Discuté début octobre au sein du comité de rédaction du Robert, l'ajout de ce pronom a provoqué de vive critique. Le directeur général des éditions Le Robert, Charles Bimbenet, y a répondu dans un communiqué le 17 novembre mettant notamment en avant "son usage croissant".

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Par Dahlia Girgis,
Créé le 18.11.2021 à 17h04,
Mis à jour le 18.11.2021 à 18h00

Le directeur général des éditions Le Robert Charles Bimbenet a défendu dans un communiqué l'introduction du pronom personnel "iel " dans son dictionnaire en ligne. Ce pronom est "employé pour évoquer une personne quel que soit son genre", selon Le Robert. Depuis quelques mois, les documentalistes ont constaté son usage croissant à travers "l'analyse statistique de vastes corpus de textes, issus de sources variées", précise le communiqué.

"Si son usage est encore relativement faible (ce que nous avons souligné dans l’article en faisant précéder la définition de la marque « rare »), il est en croissance forte depuis quelques mois, explique Charle Bimbenet avant d'ajouter, il nous est apparu utile de préciser son sens pour celles et ceux qui le croisent, qu’ils souhaitent l’employer ou au contraire... le rejeter."


 
Discuté début octobre au sein du comité de rédaction de la maison d'édition, l'ajout de ce pronom a provoqué de vive critique. Le député LREM François Jolivet avait dénoncé le 16 novembre cette décision sur son compte Twitter.  "Ses auteurs [Le Robert] sont donc les militants d'une cause qui n’a rien de Français : le #wokisme." L'homme politique a notamment demandé dans une lettre à l'Académie Française, "gardien de notre langue", de se décider sur l'usage du "iel". Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a soutenu le député  sur Twitter : "L’écriture inclusive n’est pas l’avenir de la langue française." En marge d’un déplacement avec le ministre jeudi 18 novembre, Brigitte Macron a elle aussi désapprouvé l’entrée du pronom «iel» dans le Petit Robert: "La langue française est si belle. Et deux pronoms, c’est bien".

En revanche, la ministre chargée de l'égalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno, a affirmé sur Franceinfo qu'elle ne trouvait pas cette évolution choquante. "C’est un progrès pour les personnes qui ont envie de se reconnaître dans ce pronom. Et je ne vois pas ce que ça enlève à ceux qui n’ont pas envie de l’utiliser" a-t-elle expliqué.
 

"Positivons : que la controverse autour de notre langue, de son évolution et de ses usages, puisse parfois être vive, parfois houleuse, ce n’est pas nouveau, on peut même y voir un excellent signe de sa vitalité, résume Charles Bimbenet.

Né au début des années 2010, "iel" est un pronom qui se veut neutre et inclusif de la troisième personne. Il s’utilise en français à la place de il ou de elle, soit pour désigner une personne dont on ne connaît pas le genre, soit pour désigner une personne non binaire, c'est-à-dire qui ne se considère ni comme un homme, ni comme une femme.

Commentaires (2)

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Sébastien

il y a 2 mois à 07 h 26

<< Né au début des années 2010 >> Source ?


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Amélie

il y a 2 mois à 09 h 53

Le pronom s'accorde au singulier, nous dit-on, mais quid de l'accord en genre : "Iel est beau" ou "Iel est belle" ? Ou, avec cet adjectif, "Iel est bel" ? Bref, ce pronom fait-il vraiment avancer le schmilblick ?


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