Congrès ABF

Le congrès façon roman graphique

Damien Roudeau. - Photo A. ELIOT

Le congrès façon roman graphique

Bloc à dessin et crayon 2B en bandoulière, le reporter graphique Damien Roudeau chasse petits et grands moments du congrès de l'ABF, qu'il croque allègrement. 

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Par Aimie Eliot,
à Clermont-Ferrand,
Créé le 10.06.2016 à 18h27,
Mis à jour le 10.06.2016 à 19h00

En trois coups de crayon et en deux temps trois mouvements, il faisait le portrait du maire de Clermont-Ferrand, alors que le colloque s'ouvrait à peine.

Difficile de manquer l'artiste spécial recruté par l'ABF (Association des bibliothécaires de France) pour raconter "autrement" le congrès. On le repère dès le premier jour, griffonnant, un léger sourire en coin. 
 
En revanche, pour retrouver le dessinateur, la tâche fut moins aisée. C'est qu'il arpente en long, en large et en travers les allées, déambule entre les stands et les chaises, s'arrête, crayonne quelques minutes, attrape au vol quelques bribes de discussions entre deux congressistes, à l'affût du bon mot, puis repart, balayant des yeux la salle, cherchant de nouveaux modèles. 
 
Ses dernières proies furent les journalistes.

A l'origine, il s'est essayé à l'exercice de la couverture de congrès en couvrant les rencontres "Journalisme et Société" à Vichy, l'an dernier. Bibliovore, fréquentant les établissements pour y donner des ateliers de dessin à Montreuil, là où il vit, il accepte volontiers de se plonger cette fois dans le monde, qu'il connaît mal, des bibliothécaires. 

"Repérer des punchlines"
 
Portraiturer une conférence, c'est s'immerger dans un univers, raconte l'artiste. "Il faut saisir des attitudes, repérer des punchlines pour légender les dessins, pousser des portes pour trouver des choses originales à raconter, comme celle de l'atelier pour les malentendants, très intéressant à dessiner car il y avait beaucoup de mouvement". Son coup de cœur? L'atelier jeu vidéo, et "les supers tee-shirts des geeks sympas qui les animent", dont sa mine de crayon se délecte.
 
Croquer est un exercice de vitesse. "Les intervenants bougent beaucoup, les gens peuvent changer d'attitude lorsqu'ils voient que je les dessine, il faut aller vite". C'est plus tard, lorsque les portes du congrès son closes, qu'il retravaille ses dessins, affine les expressions, et posent les couleurs. 
 
A mi-parcours de son marathon dessiné, Damien n'hésite pas à railler un brin le congrès, avec l'impertinence de celui qui peut se permettre un regard décalé: "si toutes les professions pouvaient se réunir comme ça, ce serait super. Par contre, je n'en peux plus d'entendre cinquante-six mots clés qui reviennent tout le temps, cocréation, empowerement, révolution numérique". Léger ras-le-bol qu'il portraiture, d'ailleurs, en représentant, dans un de ses croquis, une jeune bibliothécaire pestant alors qu'une conférence se gargarise de ces mots-valises.
 
"Mais c'est ça aussi mon rôle, c'est que les gens puissent retrouver aussi dans les dessins les débats, les désaccords qu'il y a eus pendant le congrès". En attendant que les dessins de Damien fassent l'objet d'un album, les congressistes ont jusqu'à demain pour traquer leur portrait, sur les croquis affichés aux murs du congrès. Du "off" qui fera peut-être un peu grincer les dents ou au contraire, sourire. 

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