Le CNL veut fédérer le lobbying européen du livre | Livres Hebdo

Par Hervé Hugueny, le 05.04.2014 à 17h19 (mis à jour le 07.04.2014 à 22h19) Europe

Le CNL veut fédérer le lobbying européen du livre

Les rencontres européennes du CNL à la SGDL samedi 5 avril - Photo CNL

A l'issue des Premières rencontres des organismes européens du livre, le président du CNL, qui les organise, propose une prise de position commune sur le droit d'auteur et la fiscalité, qui pourra servir de feuille de route au renouvellement de cette manifestation.

Les représentants des organismes européens du livre originaires de 18 pays et rassemblés par le Centre national du livre (CNL) parallèlement au Forum de Chaillot ont poursuivi leurs débats samedi 5 avril à la Société des gens de lettres, autour de thèmes pratiques : droit d'auteur en Europe, traduction et circulation des oeuvres, lobbying à la Commission européenne.
 
Vincent Monadé, président du CNL, a terminé ces Premières rencontres par un ferme appel à la mobilisation de ces structures, à constituer en réseau pour pérenniser ces rendez-vous, et à peser sur les instances européennes à propos des thèmes importants pour la filière : le droit d'auteur, en discussion à la Commission ; une fiscalité neutre sur le livre numérique, que ladite Commission conteste ; et l'organisation de l'interopérabilité pour libérer les contenus du verrouillage par les grands distributeurs sur Internet, à laquelle elle ne s'intéresse pas.
 
Le CNL propose un projet de texte commun sur ces questions, qui sera à "discuter, travailler, amender, améliorer" pour être signé à la Foire de Francfort, souhaite le président du CNL. Sans attendre, pour manifester concrètement le volontarisme du monde du livre, il enverra "la semaine prochaine un courrier à la troïka et au président de la Commission européenne pour les inciter à ne plus lier le versement de leur aide [à la Grèce] à l'abrogation de la loi sur le prix unique".
 
Les actions concertées auprès de la Commission et du Parlement européens sont au coeur du pouvoir d'influence que les représentants du livre veulent accroître, face à celui des entreprises des nouvelles technologies. Ces dernières ont pour le moment l'avantage dans la bataille de l'opinion et dans la perception des décisionnaires de l'Union à propos de la question centrale du droit d'auteur, ont déploré les intervenants.
 
Anne Bergman-Tahon, directrice de la Fédération des éditeurs européen (Fée) a présenté concrètement son travail d'explication, de communication et de persuasion auprès des instances européennes, regrettant de ne pas avoir à sa disposition les paillettes et vedettes du cinéma, qui attirent facilement les décideurs politiques dans les grands festivals européens – Berlin, Cannes, Venise. Les Salons du livre de Francfort, Paris ou Berlin ne font apparemment pas le poids.
 
Pierre-Emmanuel Lecerf, directeur des affaires européennes et internationales du Centre national du cinéma (CNC) s'est voulu rassurant : les politiques sont aussi très sensibles à l'écrit et au livre, qui exercent sur eux un pouvoir certain de séduction, estime-t-il. La littérature ne manque pas d'auteurs de fortes notoriété et légitimité intellectuelles, dont la prise de parole est à organiser, a souhaité Vincent Monadé.
 
Le regroupement des différents CNC des pays européens sert d'ailleurs d'exemple à ce que le CNL veut mettre en place avec des organismes équivalents dans le livre. 
 
Les bibliothécaires se font aussi entendre par l'intermédiaire de diverses instances dont la Conférence des directeurs de bibliothèques nationales européennes, qui regroupe 49 membres, et qui était représentée dans ces Rencontres par Sylviane Tarsot-Gillery, directrice générale de la BNF. Les bibliothèques sont mieux écoutées à Bruxelles, plus sensible à la lecture publique au nom de l'accès au livre, qu'au droit d'auteur qui en est pourtant à la base, regrettent les éditeurs et les auteurs.
close

S’abonner à #La Lettre