Politique

Labellisation des manuels scolaires : les éditeurs non concertés

Le Conseil supérieur de l'éducation, instance consultative au sein du Ministère de l'Education nationalee - Photo STEPHANE MOUCHMOUCHE / Hans Lucas via AFP

Labellisation des manuels scolaires : les éditeurs non concertés

Alors que la réforme scolaire n’est pas aboutie, un projet de décret sur la labellisation des manuels scolaires souhaitée par Gabriel Attal a été présenté au Conseil supérieur de l’Éducation sans que les éditeurs d’ouvrage n’en aient été informés.

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Par Éric Dupuy,
Créé le 09.02.2024 à 14h51 ,
Mis à jour le 12.02.2024 à 18h46

Un projet de décret sur la conformité́ des manuels a été examiné par le Conseil supérieur de l’éducation jeudi 8 février sans qu’en soit informé l’association des éditeurs d’éducation.

« C’est une surprise », a réagi à Livres Hebdo Valérie Barthez, la directrice de l’institution qui représente la trentaine d’éditeurs scolaires. Et pas une bonne.

Depuis les annonces début décembre de Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, sur le projet de réforme scolaire d’ampleur nommé « Choc des savoirs », les éditeurs attendent d’en savoir plus sur le calendrier du processus d’élaboration des différents programmes. Le remaniement gouvernemental entamé mi-janvier a retardé certains échanges avec les professionnels du secteur.

En revanche, la directrice de l’AEE se dit « étonnée de voir qu’ils avancent sans nous » au sujet de la labellisation des manuels scolaires, avec la rédaction du projet de décret.

Lire : Réforme de l’éducation : les impacts pour les éditeurs scolaires

« Appauvrissement » de l’offre de manuels

Cette mesure, annoncée également lors de la présentation du « Choc des savoirs », est jugée « inutile » par les éditeurs, voire contre-productive. « L’objectif du label serait la vérification de la conformité́ aux programmes, explique Valérie Barthez. Aujourd’hui, lorsque le ministère publie de nouveaux programmes, les éditeurs s’en emparent et conçoivent un manuel qui respecte le contenu en ayant chacun une entrée, une vision et une analyse qui leur sont propres. Cela permet d’avoir une diversité de manuels, ce qui laisse un large choix aux enseignants qui doivent se retrouver dans une démarche ».

Mettre en place une commission et former un conseil spécifique pour cette labellisation entrainerait « un appauvrissement de l’offre », résume-t-elle. Jeudi 8 février, le Conseil supérieur de l’éducation, qui comprend 98 membres représentant les personnels, les usagers et les partenaires de l'État dans l'action éducative, a massivement rejeté le projet de labellisation, à 33 voix contre et deux pour. Cependant, cette instance est seulement consultative.

Pour faire un point global d'avancement sur le projet de réforme, l’AEE devait rencontrer ce lundi le cabinet de la ministre Amélie Oudéa-Castera, remerciée à l’Éducation nationale jeudi 8 février. Ce sera donc à l’équipe de la nouvelle ministre Nicole Belloubet de reprendre le dossier et « le plus rapidement possible », espèrent les éditeurs.    

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