Assises du livre numérique

La romance s'émancipe avec les confinements

Charlotte Allibert, Directrice générale de Librinova

La romance s'émancipe avec les confinements

Depuis plusieurs années, la romance est un secteur en pointe sur le marché du livre numérique. Les représentants d’Harper Collins, de Plumes du Web et de Librinova font un état des lieux du marché de la romance en 2020 et les éventuelles évolutions constatées lors de la crise sanitaire.
 

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Par Alexiane Guchereau,
Créé le 15.12.2020 à 20h20,
Mis à jour le 15.12.2020 à 21h34

Pour ce quatrième jour des Assises du livre numérique, la chargée de mission du numérique au SNE Tiphaine Duchenoy a réuni à distance la directrice générale Charlotte Allibert de Librinova, le responsable digital et e-commerce chez HarperCollins France Sébastien Bago et la fondatrice de Plumesduweb, Caroline Sobczak. La table ronde virtuelle consistait à faire le point sur l'évolution du marché de la romance, qui a su tirer partie de la crise sanitaire, en particulier lors du premier confinement.

Charlotte Allibert observe que le genre s’est éloigné de ses codes très formatés, en quelques années, pour passer de la romance érotique au feel good. L’essor du numérique et le succès de la saga 50 nuances de Grey ont procuré une visibilité et un élan à la romance, qui souffrait parfois d’une image un peu désuète. Le développement de l’autoédition a également favorisé une évolution du genre. Sébastien Bago constate ainsi que les auteurs s’affranchissent des codes traditionnels et abordent des thématiques actuelles telles que la diversité, l'émancipation des femmes, ou la romance LGBT. Caroline Sobczak confirme que les lectrices ont évolué en même temps que les auteures, qui ont à cœur de développer la psychologie des personnages et de faire passer des messages. Sans compter que de nouveaux genres émergent, comme la dark romance ou l’urban fantasy.

Ventes en hausse et nouvelles strategies

La littérature érotique se porte bien en 2020, avec une croissance de 14,2% de son chiffre d'affaires d'octobre 2019 à septembre 2020, selon une enquête de GFK pour Livres Hebdo. "Comme souvent avec la littérature érotique, la série fait peu de ventes en librairie mais c'est un succès en numérique, puisqu'elle se classe en deuxième position des téléchargements des titres Delcourt, juste derrière Walking Dead", nous avait précisé Vincent Bernière.

Le premier confinement a amené de très nombreuses lectrices papier vers le numérique et a aussi renforcé l’activité de lecture en général. Plumesduweb a ainsi connu une augmentation de 50% de ses ventes numériques au premier semestre, et en parallèle une hausse de 40% des ventes papier. Un mouvement qui a été similaire pour HarperCollins France et Librinova. Ce dernier se félicite d'une forte ventes d’ebooks, multipliées par sept durant le premier confinement.

Un secteur redynamisé

Ces augmentations de chiffres de ventes peuvent s'expliquer par des offres promotionnelles chez Plumesduweb, qui ont également été proposées pour le numérique, dans le cadre d’une opération "week-end spécial confinement". Aujourd’hui, la maison constate une stabilisation du numérique et une poursuite de la hausse du papier – sans doute dans la perspective de Noël.  De son côté, Librinova a proposé des baisses de prix et des opérations de communication directe avec sa communauté de lectrices.

Chez Librinova, les publications ont également connu une forte hausse, le confinement ayant favorisé l’écriture que l'éditeur  a favorisé avec l'organisation d'un concours d’écriture. Pour l'éditeur le deuxième confinement a surtout bénéficié au papier, même si les ventes en numérique sont restées très importantes depuis le premier confinement.

Du côté d'Harpercollins, l’accent a plutôt été mis sur des opérations de live chat sur les réseaux sociaux pour entretenir le lien entre les autrices et leur lectorat. Les ventes en direct sur les deux sites e-commerces d’Harper Collins et d’Harlequin ont connu de très forts pics et une importante augmentation de la clientèle, probablement en rapport avec la fermeture des librairies.

Il est un peu tôt pour savoir si les récentes évolutions marqueront durablement les usages. Sébastien Bago observe, à cet égard, que d’autres genres plus traditionnels commencent aussi à s’installer dans le numérique. Caroline Sobczak confirme qu’il est encore difficile de se projeter, a fortiori pour une maison en plein essor. Mais elle a le sentiment, partagé par Charlotte Allibert, que la croissance de 2020 sera un tremplin pour la suite.

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