La foire de Pékin confirme des contrôles accrus sur les livres jeunesse traduits | Livres Hebdo

Par Anne-Laure Walter, à Londres, le 16.03.2017 à 16h30 (mis à jour le 16.03.2017 à 17h00) Droits

La foire de Pékin confirme des contrôles accrus sur les livres jeunesse traduits

Yuan Jiayang, le directeur marketing et commercial de la foire du livre de Pékin (BIBF) - Photo ANNE-LAURE WALTER / LH

Le directeur commercial de la Beijing international book fair (BIBF) a tenté, mercredi 15 mars lors d'une conférence à la foire de Londres, de rassurer l'édition mondiale inquiète des mesures prises par le gouvernement chinois pour limiter les achats de droits des éditeurs du pays dans le secteur du livre pour la jeunesse.
 

Yuan Jiayang, le directeur marketing et commercial de la Beijing international book fair (BIBF, foire internationale du livre de Pékin) a profité d’une conférence qu’il donnait à la foire de Londres, mercredi 15 mars, sur le marché chinois, pour tenter de rassurer les éditeurs sur les restrictions aux achats de droits jeunesse pratiquées par les autorités chinoises.
 
Lundi 13 mars, le quotidien hongkongais South China Morning Post, s’appuyant sur le témoignage de quatre éditeurs chinois, révélait que le gouvernement chinois veut "drastiquement" réduire le nombre de livres jeunesse écrits par des auteurs étrangers et importés dans le pays.
 
Power Point présenté à Londres - Photo ANNE-LAURE WALTER / LH
Parmi les pages du power point du directeur commercial de la BIBF, l’une s’intitulait donc: "Contrôle gouvernemental: les rumeurs versus les faits". Dans ce document, il affirme qu’il y a une volonté nouvelle du gouvernement de promouvoir la création chinoise (et non la traduction donc) et que les éditeurs chinois font face à une pression pour vendre des droits. "Ceux qui vendront beaucoup de droits pourront en acheter plus", affirme-t-il.
 
Des contrôles plus serrés
 
Il confirme aussi qu’il existe "depuis peu, des contrôles plus serrés en particulier pour les livres pour enfants". Cependant, il juge que les rumeurs d’"exclusion des achats de droits pour la jeunesse" sont fausses. " Les éditeurs chinois choisiront plus prudemment ce qu’ils achètent. C’est facile et pas cher de traduire, beaucoup d’éditeurs sont devenus paresseux. Il y a même un éditeur qui a acquis 400 livres étrangers en un an", raconte-t-il.
 
"Ne vous inquiétez pas pour les traductions, les bons contenus, les bons livres, ne seront pas affectés par les restrictions. Et si vous avez déjà signé un contrat, il n’y aura pas de retour en arrière", assure-t-il.  Reste à savoir ce qu’est un "bon contenu" pour les autorités chinoises.
 
Interrogé par Livres Hebdo, Yuan Jiayang précise: "Les détails ne sont pas clairs car il n’y a pas eu d’annonce officielle. Je ne peux que présumer qu’il s’agit d’un contrôle sur la qualité des contenus". Lui a été alerté en début d’année par quelques éditeurs, mais a constaté la semaine dernière qu'un grand nombre d’attributions d’ISBN de livres jeunesse initialement bloquées avaient finalement été acceptées.
 
La jeunesse reste l'un des secteurs les plus dynamiques de l'édition chinoise, avec 220 millions de lecteurs de moins de 14 ans, qui lisent davantage de livres étrangers que chinois. La Chine est également le principal acheteur de droits pour la littérature jeunesse française (1031 cessions en 2015). 

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