Les Anglo-Saxons sont de plus en plus obsédés par les gender studies et la déconstruction du système traditionnel masculin/féminin. C'est pourquoi Jonathan Plakett, qui travaille dans les « technologies créatives », et sa femme Karrie Fransman, illustratrice, ont décidé de revisiter les contes de leur enfance (ceux d'Andrew Lang, le Perrault anglais), avec l'aide d'« un algorithme informatique qui intervertirait les marqueurs de genre » dans les textes, induisant un certain nombre d'adaptations, notamment sexuelles et lexicales.
Chez eux, ce sont les Rois qui mettent au monde des Princes faiblards et nunuches, et les Princesses qui les tirent des mauvais pas où ils se fourrent sans cesse. C'est le cas de Blanc-Flocon, recueilli par les sept Naines, de Cendron tyrannisé par ses demi-frères les Mesdamoiseaux. Côté héroïnes, il y a encore la Chatte Bottée, ou la courageuse Jacqueline, aidées par un vieux nounou ou un fée. L'exercice est farfelu, les textes sont drôles, et nous invitent à réfléchir.
Comme Marie Darrieussecq dans sa préface : « Commençons par donner aux garçons la chance d'être féminins et aux filles la chance d'être masculines. ». La subversion aurait cependant pu être poussée plus loin : tous les couples demeurent ici hétéros. Pourquoi pas Beau et le Bête ou Cendron et le Doc Martens de vair ?
Le Bel au bois dormant Traduit de l'anglais par Marguerite Capelle et Hélène Cohen
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Tirage: 13 000 ex.
Prix: 20,90 € ; 184 p.
ISBN: 9782234092426