Disparition

Claude Durand honoré à la BNF pour son œuvre d'éditeur

Claude Durand - Photo DR

Claude Durand honoré à la BNF pour son œuvre d'éditeur

Quelques heures après les obsèques de l'ancien P-DG de Fayard, ses auteurs, les éditeurs et des responsables politiques ont souligné, mercredi 13 mai après-midi à la Bibliothèque nationale de France, sa contribution au rayonnement de l'édition française.

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Par Marine Durand,
Créé le 13.05.2015 à 23h40,
Mis à jour le 14.05.2015 à 00h00

Après les obsèques, les hommages. Mercredi 13 mai après-midi à la Bibliothèque nationale de France (BNF), une centaine de personnalités se sont retrouvées pour saluer la mémoire de Claude Durand, figure de l'édition française décédée dans la nuit du 6 au 7 mai et inhumée dans la matinée au cimetière de Montmartre, à Paris. Grands patrons d'édition, auteurs, éditeurs, journalistes et personnalités du monde politique se sont rassemblés dans le grand auditorium de la BNF, tandis que se succédaient au micro ses proches et ex-collaborateurs, célébrant de façon unanime, entre pensées pour la famille et souvenirs personnels, un homme libre et un immense éditeur.

Ouvrant le bal, l'économiste et ancien conseiller de François Mitterrand Jacques Attali, qui avait déjà pris la parole dans la matinée lors des funérailles de Claude Durand, a décrit son ami et éditeur comme un homme "capable de faire éclore chez ses auteurs le meilleur d'eux-mêmes". Jean-Pierre Chevènement, dont Claude Durand avait accepté de publier le premier ouvrage, Socialisme ou social médiocratie (sous le pseudonyme Jacques Mandrin), s'est souvenu d'un "républicain", d'un "libéral au bon sens du terme", mais surtout d'un "relecteur attentif au mouvement de la phrase comme à la justesse de la pensée", qui savait "insuffler confiance et courage à ses auteurs".

Un homme libre

Succédant à l'ancien ministre au pupitre, et sous le portrait bienveillant de Claude Durand, la journaliste Michèle Cotta a tenu, comme ses prédécesseurs, à saluer la mémoire de l'"empereur de l'édition", reprenant le surnom qu'avait gagné le P-DG de Fayard au cours de sa carrière, évoquant aussi la relation unique qui la liait à un "homme libre, qui publiait ce qu'il voulait, quand il voulait, comme il voulait".

Se souvenant de sa première rencontre avec Claude Durand, la journaliste Anne Nivat a conclu son allocation par un hommage à son "seul et unique éditeur", tandis qu'Erik Orsenna choisissait de faire bref en lisant une page de Cent ans de solitude, de Gabriel Garcia Márquez, traduit conjointement par Claude Durand et son épouse Carmen, présente dans la salle. "Traduire à deux un livre ayant pour sujet la solitude, n'est-ce pas la meilleure façon de vivre ensemble ?", a suggéré l'écrivain.

Le journaliste Pierre Péan, auteur de 27 livres sous la direction de Claude Durand, parmi lesquels le document choc La face cachée du "Monde", a rappelé le courage d'un homme qui "n'avait que faire des pressions", mettant aussi en avant le talent de son éditeur : "Grâce à lui, je connais la définition spécifique du verbe 'éditer'." Enfin, achevant cette série d'hommages, Sophie de Closets s'est à son tour avancée au micro. "D'une phrase, il faisait de vous un éditeur, a notamment fait valoir l'actuelle P-DG de Fayard. Son héritage nous confronte à un superbe défi, celui d'être à la hauteur."

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