Andrzej Sapkowski réclame des royalties sur les jeux vidéo "The Witcher" | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, le 03.10.2018 à 13h52 (mis à jour le 03.10.2018 à 15h30) Justice

Andrzej Sapkowski réclame des royalties sur les jeux vidéo "The Witcher"

Photo ANDRZEJ SAPKOWSKI REÇOIT LE PRIX JANUSZ A. ZAJDEL EN 2003 / SZYMON SOKÓŁ - LICENCE CC BY-SA

L’auteur polonais s’estime lésé par le contrat de cession de licence passé avec le studio qui a adapté sa saga de romans de fantasy Le sorceleur.

Le studio de développement de jeux vidéo polonais CD Projekt a révélé mardi 2 octobre les détails d’un litige qui l’oppose à Andrzej Sapkowski, l’auteur des romans du Sorceleur (Bragelonne, 1er volume paru en 1994 en Pologne, traduit en 2008) qui ont inspiré les jeux The Witcher. Dans une lettre rédigée par ses avocats et adressée à l’entreprise, l’écrivain s’estime lésé par le contrat de cession de licence qui avait permis à la start-up d’adapter les livres du romancier et ainsi d’engranger des profits colossaux.
 
Parfois décrit comme le Game of Thrones européen en référence à son univers cru et violent teinté de fantastique, The Witcher a propulsé CD Projekt au panthéon des plus grands studios de jeux vidéo. Le troisième opus, The Witcher 3 : Wild Hunt, s’est vendu à plus de 33 millions d’exemplaires dans le monde et a rapporté plus d’un milliard d’euros à la société depuis sa sortie en 2015, ce qui lui vaut d’être le jeu vidéo adapté d’un livre le plus populaire de tous les temps.
 
14 millions d’euros
 
Particulièrement apprécié dans son pays natal où son cycle de nouvelles et de romans autour du Sorceleur a été récompensé cinq fois du prix Janusz A. Zajdel, Andrzej Sapkowski réclame aujourd’hui une part du gâteau, soit environ 14 millions d’euros de droits d'auteur. L’auteur avait pourtant renoncé à tout intéressement lors de la conclusion du contrat initial avec CD Projekt et avait préféré le versement d’une somme fixe, ne croyant pas au succès futur de la société. "C’était stupide, [mais] je ne pouvais pas le prévoir" concéda l’écrivain dans une interview accordée au site Eurogamer en 2017.
 
Il considère maintenant que les termes de l’accord ne couvraient que le premier épisode de la série de jeux vidéo, paru en 2007, et surtout que les importants profits générés par les adaptations de ses écrits justifient une plus grande rétribution. Ses avocats font valoir une clause du droit polonais qui stipule que "lorsque la compensation accordée à l’auteur est trop faible en rapport aux bénéfices obtenus grâce à l’exploitation de son œuvre", l’artiste peut formuler une réclamation.
 
CD Projekt a d’ores et déjà refusé d’accéder aux requêtes d’Andrzej Sapkowski, les considérant "sans substance ni mérite", mais précise qu’elle cherchera à "résoudre amicalement ce différend" et entend "maintenir une bonne relation avec les auteurs qui ont inspiré nos œuvres".

L’entreprise a par ailleurs récemment annoncé la sortie prochaine sur consoles de jeu et PC de Thronebreaker : The Witcher Tales, un spin-off de la saga principale. Netflix va également adapter l’univers du Sorceleur dans la série télévisée The Witcher prévue pour 2019, avec l’acteur Henry Cavill dans le rôle-titre. 

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