Andrew Wylie livre sa vision d'une littérature mondialisée | Livres Hebdo

Par Hervé Hugueny, à Francfort, le 10.10.2017 à 17h29 (mis à jour le 10.10.2017 à 22h11) Francfort

Andrew Wylie livre sa vision d'une littérature mondialisée

Andrew Wylie - Photo HERVÉ HUGUENY

Invité à prononcer le discours d'ouverture du programme de conférences et de rencontres organisées au Business Club de la foire de Francfort, mardi 10 octobre, le célèbre agent littéraire américain a fait valoir que la différence des perceptions nourrit l'universalité de la littérature.

Aussi différents soient leurs univers, les auteurs "ne voient pas des choses différentes, ils voient les choses différemment”, estime Andrew Wylie. Le président et fondateur de l'agence littéraire du même nom, basée à New York, prononçait mardi 10 octobre le discours d'ouverture du programme de conférences et de rencontres organisées pendant cinq jours au Business club de la Foire internationale du livre de Francfort.

Invité à livrer sa vision des marchés du livre et de l'édition, le célèbre agent, qui représente les intérêts de plusieurs centaines d'auteurs du monde entier, a illustré l'universalité de la littérature à travers des interprétations très personnelles d'écrivains "nous montrant des expressions différentes de réalités que nous subissons tous”, que ce soit la Nigériane Chimamanda Adichie, le Norvégien Karl Ove Knausgaard, ou le Français Édouard Louis, tous clients de l'agence Wylie.

Globalisation de la littérature

Ces expressions particulières d'expériences universelles nourrissent la globalisation de la littérature, pour le meilleur : "c'est ce que les lecteurs apprécient, c'est ce qui fait vendre des livres, c'est ce qui résout les conflits”, a insisté Andrew Wylie, évoquant la montée des populismes réducteurs aux Etats-Unis et en Europe. "La valeur d'un éditeur, ainsi qu'Antoine Gallimard ou Markus Dohle peuvent en attester, réside dans le fonds d'une maison et la remarquable expression dans la durée des façons différentes de voir une chose familière”, a-t-il poursuivi.

Le rôle des agents littéraires est d'être à l'écoute de ces expressions, notamment en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient, les régions du monde les plus dynamiques sur ce point aujourd'hui, et de pousser les éditeurs à sortir de leur conservatisme prudent pour les diffuser. A cet égard, le pouvoir du marché américain est toujours primordial, affirme l'agent littéraire, pour donner à un succès d'abord local la consécration qui le transformera ensuite en phénomène mondial – une façon de faire passer l'universalité qu'il défend par ses bureaux de New York ou de Londres.

close

S’abonner à #La Lettre