Un prix littéraire débattu et remis en prison | Livres Hebdo

Par Souen Léger, le 29.04.2014 à 18h40 (mis à jour le 29.04.2014 à 19h00) Prix

Un prix littéraire débattu et remis en prison

L’une des trois bibliothèques du Centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne. - Photo DÉSIRÉE FRAPPIER/LH

Sur une initiative de la Fondation Paris Diderot, le prix "Paris Diderot – Esprits libres" se déroule intégralement en prison, depuis les débats sur les ouvrages jusqu’à la remise de la récompense.

Il pourrait s’agir d’un énième prix littéraire. Sauf que le prix "Paris Diderot – Esprits libres"est remis en prison par un jury de personnes détenues. Initiative de l’Université Paris Diderot et de sa Fondation, il récompense un ouvrage de littérature française paru au cours de l’année passée. Pour cette première édition, c’est le Centre pénitentiaire de Réau, en Seine-et-Marne, qui accueille le projet.
 
"Cet événement correspond parfaitement à l’esprit de la Fondation Paris Diderot qui est de diffuser le savoir et la culture auprès de tous, notamment ceux qui en sont éloignés", estime Agnès Lamy, chef de projet à la Fondation en charge de la valorisation des actions en milieu carcéral.

Se déroulant sur six mois, de janvier à juin 2014, cette initiative mobilise un jury de dix personnes – cinq femmes et cinq hommes – qui se réunissent toutes les six semaines pour débattre de l’un des livres de la sélection (voir en fin d’article). L'animation de ces séances est assurée par deux universitaires, Régis Salado, professeur de littérature comparée, et Valérie Guiraudon, professeure agrégée et responsable du Diplôme d’Accès aux Etudes Universitaires (DAEU) à Paris Diderot.

Patrick Poivre d'Arvor, parrain de la 1ère édition
 
Le temps nécessaire à la lecture des ouvrages et les réunions mixtes ont orienté la sélection des membres du jury. "Les candidats se sont proposés et ont été présélectionnés par l’établissement non seulement sur des critères de disponibilité, mais aussi en fonction de leur comportement en groupe car il s’agit de réunir des hommes et des femmes, ce qui est très inhabituel en milieu carcéral", précise Agnès Lamy.
 
Pour les jurés, participer au prix est une expérience qui les place dans un rôle décisionnaire et leur permet d’avoir accès à des ouvrages récents, souvent absents des bibliothèques de prison.
 
Le journaliste et écrivain Patrick Poivre d’Arvor, parrain du projet, présidera la séance de délibération pour le choix du lauréat, le vendredi 13 juin. Quant à la remise du prix, elle aura lieu la semaine suivante, en présence de l’auteur.

La sélection 2014 :

Romain Puértolas, L'extraordinaire voyage du fakir qui était coincé dans une armoire Ikea (Le Dilettante, août 2013)

Maylis de Kerangal, Réparer les vivants (Verticales, janvier 2014)
 
Florence Seyvos, Le Garçon incassable (L'Olivier, mai 2013)
 
Lola Lafon, La petite communiste qui ne souriait jamais (Actes Sud, janvier 2014)
 
Erik Orsenna, Mali, ô Mali (Stock, mars 2014).

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