Saint-Etienne innove pour la 29e édition de sa Fête du livre | Livres Hebdo

Par Agathe Auproux, le 17.09.2014 à 16h12 (mis à jour le 18.09.2014 à 16h51) Loire

Saint-Etienne innove pour la 29e édition de sa Fête du livre

Visuel créé pour l'occasion de la Fête du Livre de Saint-Etienne - Photo NEVEN PLANCHON - CITÉ DU DESIGN

Pour sa 29e édition, la Fête du Livre de Saint-Etienne revient le 17 octobre prochain avec de nouvelles ambitions.

La Fête du livre de la ville de Saint-Étienne s’inscrit cette année dans une toute nouvelle dynamique. Avec un budget considérablement revu à la hausse, cette institution stéphanoise souhaite se positionner en locomotive d'une réflexion profonde sur la transformation du rapport à la lecture et au livre. Au cours de cette manifestation, veut se dessiner l’ébauche d’un rendez-vous autour du livre d’un genre nouveau, la Fête du livre de demain.

A la tête de ces ambitions, Isabelle Rabineau, commissaire général de l’événement, et Marc Chassaubéné, adjoint au maire chargé des Affaires culturelles de la ville. Lucide sur les éditions précédentes, ce dernier confie avoir ressenti “le manque d’une vision, d’un objectif fort et porteur”. Il explique avoir dressé “le constat d’une fracture entre le public, les auteurs et l’événement en lui-même qui s’est institutionnalisé délaissant ainsi le côté humain, la richesse d’une véritable fête populaire.” Interrogés sur leurs attentes cette année, Isabelle Rabineau et Marc Chassaubéné répondent d’une même voix être attachés à “la réappropriation de cette célébration du livre par le public et les auteurs, dans une volonté de rassemblement et d’ouverture sur la ville.”

Le salon de demain
 
L’une des grandes nouveautés de cette Fête du Livre 2014 est la mise en place d’un partenariat avec “Raconter la vie”, un projet de Pierre Rosanvallon. Il va se matérialiser en un atelier d’écriture géant à l’échelle de la ville. L’idée? Donner une voix aux habitants anonymes par la mise à l’écrit de leur quotidien. Ouvriers, étudiants, mais également représentants du milieu associatif stéphanois vont ainsi pouvoir s’exprimer, raconter leur ville et leur vie. Collection de livres aux éditions du Seuil, “Raconter la vie” a déjà mis en lumière des centaines d’anonymes. Lors de cette Fête du livre, les habitants de Saint-Etienne seront à l’honneur et pourront voir leurs récits publiés sur un site Internet dédié, et éventuellement sur papier avec l’aide d’éditeurs régionaux.
 
Autre innovation majeure, l’association avec l’Ecole supérieure d’art et de design de Saint-Etienne. Un projet extrêmement ambitieux et sur le long terme qui incarne le tournant amorcé par la Fête du livre cette année. Il s’agit d’observer les mutations des outils, des usages et des espaces de lecture afin d’en tirer des pistes de réflexion en vue de la construction de prototypes d’un nouvel espace qui se lit et se découvre. Encore difficile à appréhender de l’extérieur, Isabelle Rabineau pose la question suivante pour illustrer la démarche : “Est-ce qu’un auteur assis derrière une table pendant des heures correspond vraiment à notre époque ?”. Marc Chassaubéné souhaite que “Saint-Etienne soit la première ville à proposer une nouvelle version de ce que peut-être un salon du livre en 2014.”
 
L'événement stéphanois se déroulera les 17, 18 et 19 octobre, sous le parainnage d’Anne Berest.

Profitant de la conférence de presse présentant la Fête du livre de Saint-Etienne, Isabelle Rabineau rebondit sur la place et l’avenir de la librairie : “L’idée que la librairie Delamain [à Paris], si prestigieuse, puisse disparaître me rend malade, moi qui comme beaucoup aime déambuler dans ses couloirs. Le livre doit revenir au centre de la vie des gens. Je ne condamne pas le livre numérique, ou l’achat de livres sur Internet. Mais rien ne remplace le conseil du libraire, l’ambiance d’une librairie. L’édition française a cette qualité de discuter chaque chose. Prudente, elle pourra alors peut-être aborder de la meilleure des façons la menace de cette espèce de monstre Amazon.
close

S’abonner à #La Lettre