#RNL2017

Sabine Agraffel (Le Grain de lire) : "Peu de gens vous prennent au sérieux"

L'atelier dédié à la librairie en milieu rural aux Rencontres nationales de la librairie de La Rochelle. De gauche à droite, Magalie Kergosien (Matoulou), Sabine Agraffel (Grain de lire) et Coline Hugel (La Colline aux livres). - Photo CÉCILE CHARONNAT

Sabine Agraffel (Le Grain de lire) : "Peu de gens vous prennent au sérieux"

La fondatrice du Grain de Lire, à Lalinde, a raconté son expérience dans une ville de 3 300 habitants lors de l’atelier des Rencontres nationales de la librairie dédié à la librairie en milieu rural.

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Par Cécile Charonnat,
à La Rochelle,
Créé le 26.06.2017 à 22h20,
Mis à jour le 26.06.2017 à 23h00

C’est avec humour et spontanéité que Sabine Agraffel, créatrice en 2009 de la librairie Le Grain de lire, 65m2 à Lalinde (Dordogne), a livré son expérience de libraire en milieu rural dans l’atelier portant sur ce sujet lundi 26 juin aux Rencontres nationales de la librairie (RNL) à La Rochelle.
 
Signalant que l’expérience s’apparente à "une vraie aventure", la libraire est revenue sur les joies et les difficultés d’exercer dans un village de 3300 habitants, totalement inconnu de ses partenaires, commerciaux comme institutionnels.
 
Pas prise au sérieux

Des partenaires auprès desquels il a d’abord fallu mener bataille "pour ne pas ouvrir un compte avec une remise de 25%", précise d’emblée Sabine Agraffel, et qu’il faut toujours presser pour "faire venir des auteurs. Peu de gens vous prennent au sérieux quand on a une librairie de 65 m2 à Lalinde et que l’on réalise un chiffre d’affaires de 150000 euros", ajoute la libraire.
 
Une fois ouverte, il lui a fallu pendant deux à trois ans "faire toutes les manifestations possibles et improbables de Lalinde et de ses environs, parfois pour ne vendre que deux livres" mais surtout pour se faire connaître, à tel point qu’un client a fini par lui dire : "mais on vous voit partout !", raconte Sabine Agraffel.
 
Une offre élargie et pas élitiste

Libraire en milieu rural implique aussi de faire preuve de patience et de pédagogie. "L’une des difficultés au départ a été de convaincre les gens que la librairie n’est pas un endroit d’intellectuels et qu'ils pouvaient entrer. Au début, certains collaient leur nez devant la porte sans la pousser", se souvient Sabine Agraffel, qui a également dû composer une offre très large et surtout pas élitiste, au risque, sinon de "fermer ses portes très rapidement." La libraire, qui ne fonctionne pas avec les offices, choisit donc chaque livre et ne fait des piles que sur ses coups de cœur. Elle ne fait toutefois pas l’impasse sur des livres plus "exigeant", mais n’en propose qu’une poignée, qu’elle prend "grand plaisir" à vendre.
 
En revanche, la proximité avec les gens, clients comme commerçants, constitue un réel avantage. "Je connais tout le monde, quand je fais mon marché je croise mon banquier par exemple. Ce qui me permet d’obtenir facilement tout ce que je demande", observe la libraire. Mais revers de la médaille, cette proximité peut s’avérer "gênante voire étouffante. En général les gens sont bienveillants et sympathiques, mais du coup, on est libraire 24 heures sur 24 et il est parfois difficile de refuser certaines sollicitations."
 

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