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Québec: une écrivaine sur trois victime de harcèlement

Québec: une écrivaine sur trois victime de harcèlement

L’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) a dévoilé le 20 octobre les résultats d’une enquête menée auprès de 444 écrivain(e)s québécois au début du mois. Cette dernière témoigne de "comportements inacceptables" et "d'une omerta intolérable" dans le milieu littéraire.
 
 

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Par Alexiane Guchereau,
Créé le 20.10.2020 à 18h33,
Mis à jour le 20.10.2020 à 19h01

Suite au mouvement de dénonciations de la part de professionnelles du livre, qui a éclaté dans la province au début du mois de juillet, l'Union des écrivaines et des écrivains québecois (UNEQ) a dévoilé mercredi 20 octobre les résultats de son enquête, réalisée auprès de 444 auteurs et autrices.

L'étude témoigne de "comportements inacceptables" et "d'une omerta intolérable", à l'heure où l'éditeur Michel Brûlé a été reconnu coupable d'agressions sexuelles. Le collectif dénonce également l’absence de recours pour les victimes et la privation d’une partie de leurs droits syndicaux. Selon l'association, "près d’un quart des répondants déclarent avoir subi au moins une fois un comportement inadéquat répétitif ou une conduite grave". Elle déplore également que "ce taux passe à 32,8 % quand il s’agit de femmes ou personnes issues des minorités de genre" et que dans ces deux mêmes dernières catégories, "une personne sur sept déclare avoir subi des attouchements dans le cadre de relations professionnelles", "plus d’une sur cinq a été victime d’intimidation" et "une sur trois a reçu des propos humiliants".
 
"Une prédation à plusieurs niveaux"
 
Dans la plupart des témoignages, "la loi du plus fort" est en cause. "Peu importe les situations (...) elles sont liées à la masculinité toxique. De l’agression, du harcèlement, des commentaires déplacés, des viols : la prédation se joue à plusieurs niveaux et l’abus de pouvoir est le dénominateur" expliquait déjà Mélissa Verreault, vice-présidente de l'UNEQ en juillet à La Presse.
 
L'enquête vient appuyer ces propos et révèle que 41% des répondants estiment avoir ressenti au moins une fois le déséquilibre du rapport de force avec leur interlocuteur avant et au moment de la négociation d’un contrat d’édition, 40,5 % dans des échanges privés ou publics, et 36 % lors d’événements littéraires. Plus de la moitié (59%) des personnes ayant subi un ou plusieurs abus déclarent ne pas avoir tenté de parler à l’un des responsables de l’entreprise ou de l’organisation, soit parce que c’était impossible, soit par peur des conséquences.

L'UNEQ et L'ANEL mobilisées
 
Face à ces résultats, l'UNEQ considère comme "une discrimination supplémentaire" que les victimes "ne disposent pas de recours". Laurent Dubois, le directeur général de l'association, évoque la nécessité d'un "travail de prévention", mais également celle "d'aborder la question des recours, des sanctions, de l’accompagnement des victimes, des processus de justice réparatrice". "C’est là que des désaccords de fond apparaissent entre les acteurs", regrette t-il.
 
Pour aider les victimes, l'UNEQ a mis en place une cellule d'urgence dès le début du mois de juillet. "Nous voulons poser des gestes concrets et réfléchis qui auront des effets pérennes et engendrerons des changements profonds" lançait Mélissa Verreault. Chiffres à l'appui, "la situation est maintenant connue de toutes et tous, personne ne peut décemment la nier dans le milieu comme au gouvernement" déclare la vice-présidente, qui espère maintenant "une protection décente pour les auteurs" que l'UNEQ représente. L'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) s'était déja mobilisée en encourageant les victimes à avoir recours aux services d’organismes comme L’Aparté et à la ligne-ressource provinciale pour les victimes d’agression sexuelle.






Commentaires (1)

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b

Utilisateur Virtuel

il y a 1 mois à 09 h 50

Cela existe partout. Dans le collectivités territoriales, nombreuses sont celles qui ne dénoncent pas par peur des représailles et par manque de preuves...


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