Près de 400 signataires pour "Auteurs de BD en danger" | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 24.01.2018 à 12h56 (mis à jour le 24.01.2018 à 13h21) - 2 commentaires Tribune

Près de 400 signataires pour "Auteurs de BD en danger"

Cri d'alarme, appel, et constat, la tribune "Auteurs de BD en danger" s'inquiète des conditions de travail dans la profession, toujours plus pauvre et moins protégée.

Dans une tribune signée par le "Collectif artistes auteurs" diffusée sur un compte Tumblr et reprise par Libération ce 24 janvier, près de 400 signataires s'inquiètent du niveau de précarité et de pauvreté dans leur métier.

Parmi les premiers auteurs ayant signé le texte, on trouve les noms de Lewis Trondheim, Pénélope Bagieu, Cyril Pedrosa, Nicolas de Crécy, Benjamin Adam, Camille Jourdy, Didier Tronchet, Jacques Tardi, José Muñoz, Blutch, Frank Margerin, Riad Sattouf, Kris, Pascal Rabaté, Pascal Jousselin, Thomas Cadène, Juanjo Guarnido, Fred Tebo ou encore Chloé Cruchaudet.

Après avoir rappelé en préambule que 53% des auteurs de BD gagnent moins que l'équivalent du Smic et que 36% sont sous le seuil de pauvreté, les auteurs de bande dessinée s'avouent épuisés par leurs conditions de travail. "La hausse récente de la CSG pour l’ensemble des actifs et des retraités, annoncée dans un premier temps sans compensation pour les artistes et auteurs, a été un déclencheur pour beaucoup d'entre nous" expliquent-ils. Certes, "une solution provisoire à la hausse de la CSG a été validée par le gouvernement: elle sera compensée pendant un an, sous une forme indéterminée et financée sur le budget du ministère de la Culture." Mais après?

Un marché en excellente santé, des revenus en baisse constante

Ce cri d'alarme s'accompagne en effet d'un constat pessimiste: malgré la solution temporaire du ministère, ils "continueront de voir leurs droits d'auteurs inexorablement baisser." "Dans le cas de la bande dessinée, il est désormais fréquent de se voir proposer 7000 euros, souvent moins, pour accomplir une œuvre qui nécessite un an de travail à temps plein. Le marché du livre et son économie se sont construits sur cette précarité. Nous fournissons textes et images, matières premières du secteur de la bande dessinée (éditeurs - diffuseurs - distributeurs) dont la presse, chaque année, à l'occasion du festival d'Angoulême [qui commence demain, ndlr], rappelle l'excellente santé économique" écrivent-ils.

Selon les chiffres GFK/Livres Hebdo publiés vendredi 19 janvier, la bande dessinée a connu une progression de 8% entre 2016 et 2017 en volume et de 8% en chiffre d'affaires.

"Autrices et auteurs de bande dessinée, nous profitons de cette 45e édition du Festival international de bande dessinée d'Angoulême pour appeler nos consœurs et confrères à l'unité, et demander qu'enfin une réflexion de fond, globale, avec tous les acteurs du livre, soit mise en place pour penser notre statut, notre protection sociale, et nos rémunérations. C'est une urgence" lancent-ils comme appel.

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