PEN International réclame la libération d’un écrivain yéménite | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, le 20.09.2018 à 15h37 (mis à jour le 20.09.2018 à 17h18) Arabie Saoudite

PEN International réclame la libération d’un écrivain yéménite

L’association de défense des écrivains fait part de son inquiétude après l’arrestation à Riyad du journaliste et auteur yéménite Marwan Almuraisy.

Dans un communiqué publié en arabe et en anglais mercredi 19 septembre, l’organisme de promotion et défense des auteurs PEN International s’est alarmé de la disparition du journaliste, écrivain et activiste yéménite Marwan Almuraisy. L’organisme a appris qu'il avait été arrêté à son domicile le 1er juin 2018 à Riyad, en Arabie saoudite, avant de perdre sa trace. Sa famille n’aurait pas été informée des charges retenues contre lui, ni même de l’endroit où il est actuellement détenu.
 
PEN International dit craindre pour la santé et le bien-être du reporter. Elle enjoint aux autorités saoudiennes de dévoiler son emplacement afin qu’il puisse recevoir des soins et une aide juridique, et exige sa libération immédiate et sans condition. Selon l’association, l’arrestation du journaliste "est seulement liée à l’exercice pacifique de sa liberté d’expression".
 
Marwan Almuraisy, 36 ans, est né au Yémen, avant d’émigrer en Arabie Saoudite en 2003. Journaliste de télévision, il s’est spécialisé dans les médias numériques et a écrit un livre sur Twitter, Lbn ala’sfour ("le lait de l’oiseau"), sorti en 2014. Sa détention s’ajoute à celle d’autres écrivains retenus par l’Arabie saoudite comme le poète palestinien Ashraf Fayad, dont la condamnation à mort pour apostasie en 2015 a été commuée en huit ans de prison et huit-cents coups de fouet.
 
Malgré ces récits d’atteintes aux droits des écrivains, l’Union internationale des éditeurs (UIE) avait accepté l’adhésion de l’Arabie saoudite en 2015, au grand dam d’une partie de la profession. En guise de symbole, elle avait offert le prix Voltaire dédié à récompenser la lutte pour la liberté d’expression au blogueur saoudien Raïf Badawi, emprisonné pour apostasie et insulte à l’islam depuis juin 2012.
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