Montreuil: une édition 2017 festive et toujours aussi populaire | Livres Hebdo

Par Claude Combet, à Montreuil, le 04.12.2017 à 23h17 (mis à jour le 05.12.2017 à 00h00) Bilan

Montreuil: une édition 2017 festive et toujours aussi populaire

Le bal des Pépites - Photo CLAUDE COMBET

Le 33e Salon du livre et de la presse jeunesse s'est déroulé dans une ambiance enjouée et festive, avec de bonnes performances, que tous souhaitent retrouver en librairie en fin d’année. 
 

Le 33e salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, qui s’est déroulé du 29 novembre au 4 décembre sur le thème des "représentations de l’enfance et de l’adolescence dans la littérature de jeunesse" a oublié 2015 et les attentats. L'édition a constitué une jolie bulle joyeuse pleine d’enfants dans le froid de l’hiver.

Sylvie Vassallo, directrice du SLPJ 93 qui organise la manifestation, annonce 175000 visiteurs, le même nombre que l’an dernier, pour une édition qui s’est déroulée dans une ambiance festive, y compris pour les adolescents. Ceux-ci se sont prêtés avec plaisir aux "battles" – notamment celle très applaudie entre l’auteur américain Kwame Alexander (Frères, Albin Michel Jeunesse) et Eddy Moniot, gagnant du concours Eloquentia 2015 -, l’atelier de Bulledop (Flammarion), les rencontres slam, et les face à face avec les auteurs de la web série Miroirs.

Tandis que les petits ont dansé au "Bal des Pépites", ont sauté et dessiné lors de la performance avec l’illustratrice Kitty Crowther et le vidéaste Alessandro Lumare, ont chanté avec plusieurs "Little miss Sunshine" sur la comédie musicale des Airnadettes (Marcel & Joachim), ont goûté les lectures sonores des "Petits Marsu" de Benjamin Chaud (Little Urban), et se sont promenés dans les allées arborant les masques des Drôles de petites bêtes, d’Antoon Krings (dans les salles de cinéma le 13 décembre).
 
À Montreuil, les fans apportent des gâteaux inspirés du livre de leur auteur fétiche - Photo CLAUDE COMBET
Tous se sont retrouvés dans l’exposition "Face à face", qui a permis d’admirer les œuvres d’illustrateurs confirmés comme Beatrice Alemagna, Blexbolex et Benjamin Chaud, et de découvrir de nouveaux talents comme Delphine Bournay, Mara Cerri, Audrey Calleja ou Carmen Segoria, joué avec les miroirs et testé la réalité virtuelle de Nos vacances, de Blexbolex, Pépite d’or du jury professionnel. De leur côté, les adultes – auteurs, illustrateurs et journalistes - ont eu leur fête le samedi 2 décembre lors de la soirée organisée par Albin Michel Jeunesse à La Villette. Montreuil sait aussi être le témoin de gestes incroyables comme le gâteau en pâte à sucre réalisé par une fan venue d’Annecy pour illustrer le livre de Bertrand Santini, Miss Pook et les enfants de la lune (Grasset).

Résultats contrastés pour les éditeurs

Si les résultats sont contrastés, stables pour certains, en progression pour d’autres comme L’Ecole des loisirs et Talents hauts (8 %), Hachette (10 %), Casterman (15 %), Gallimard (20 %), les lecteurs se pressent comme en librairie autour des youtubeurs comme Nine Gorman, Bulledop, Kevin Tran, et font la queue pour les best-selllers.

Anne-Laure Bondoux a signé après la fermeture samedi soir L’aube sera grandiose (Gallimard Jeunesse), prix Vendredi, Christelle Dabos (La passe-miroir, Gallimard Jeunesse), Jay Asher, l’auteur de 13 reasons why (Albin Michel et Michel Lafon), décliné avec succès en série sur Netflix, et Erin Hunter (La guerre des clans, PKJ) ont fait le plein.

Des indicateurs de bonnes ventes pour les fêtes

Le salon sert aussi de test pour les ventes de fin d’année et les beaux livres chers (entre 20 et 25 €), futurs cadeaux de Noël, se sont bien vendus comme Fourmis, de l’artiste de street art Cyril Houplain, et Humanissime, du duo Carnovsky (Milan), Colorama, de Cruschiform, Pépite de l’album (Gallimard Jeunesse),  Pirates à la loupe (Larousse), En sortant de l’école, un livre-DVD (T. Magnier), Moby Dick, illustré par Anton Lomaev (Sarbacane).

Matinée "De la page à l'écran", manifestations des auteurs, colloque sur le thème du salon : Montreuil reste un rendez-vous incontournable pour le secteur mais certains éditeurs ont noté un nombre moins important de professionnels le lundi 4 décembre. "Les collectivités locales ont resserré leur budget. Quand une municipalité envoyait trois bibliothécaires dans le cadre de la formation, elle n’en envoie plus qu’un" explique Alain Serres, fondateur de Rue du monde. "C’est une tendance générale sur tous les salons. On voit moins de professionnels, on a moins d’échanges et de contacts, on distribue moins de catalogues" confirme Frédéric Lavabre, fondateur de Sarbacane, qui constate que "Les salons en province sont désormais plus nombreux et les gens se déplacent moins". "Le colloque le lundi était un test : nous ne le renouvellerons pas forcément sous cette forme. Mais les professionnels se sont répartis sur les autres jours" tempère Sylvie Vassallo.

"Pour la troisième année, nous avons invité des écrivains étrangers, qui goûtent l’esprit artistique et familial du salon. Les rencontres interprofessionnelles Transbook, les illustrateurs étrangers de l’exposition, les éditeurs d'autres pays présents : la dimension internationale et interprofessionnelle du salon s’accroit. Il accueille tous les modes de mise en valeur de la littérature pour la jeunesse : c’est fabuleux" conclut, enthousiaste, Sylvie Vassallo, qui annonce la 34e édition du 28 novembre au 3 décembre 2018.
 
 
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