L'UIE s'inquiète des violences contre un libraire et des journalistes turcs | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 10.09.2015 à 14h34 (mis à jour le 10.09.2015 à 15h00) Etranger

L'UIE s'inquiète des violences contre un libraire et des journalistes turcs

Une librairie dans le centre de la Turquie a pris feu tandis que le quotidien Hürriyet a subi plusieurs agressions.

L'Union internationale des éditeurs (UIE) a interpellé le gouvernement turc, dans un communiqué daté du mercredi 9 septembre, après différents actes de violences dans le pays.

Une librairie de Kirsehir, au sud d'Ankara, dans le centre de la Turquie, a été vandalisée tandis que des journalistes ont été menacés ou blessés. "Ces attaques fanatiques contre des institutions qui sont nos outils pour l'accès à l'information et à la culture ne peuvent être en aucun cas légitimisés. (...) C'est un devoir de l'Etat de protéger les droits constitutionnels et la liberté de publier pour la librairie de Kirsehir et le journal Hürriyet à Istanbul", rappelle l'UIE.

L'organisme définit ces attaques comme "des assauts barbares contre notre civilisation" et explique que "le gouvernement turc a une énorme responsabilité en laissant et en encourageant les sentiments nationalistes qui se propagent dans le pays."

Affrontements

A Kirsehir, mardi soir, les locaux du quartier général du Parti démocratique du peuple, proche du PKK (pro-Kurde) ont été assiégés puis attaqués. Les agresseurs ont ensuite mis le feu à quelques magasins, dont une librairie.

Le siège du quotidien Hürriyet a subi depuis quelques jours deux attaques de partisans du Parti de la justice et du développement (AKP), sous prétexte qu'il serait hostile au président Recep Tayyip Erdogan et complice du PKK. D'autres bureaux du journal dans le pays ont aussi été touchés.

Le pays est violemment déstabilisé par plusieurs fronts au point de sembler au bord d'une guerre civile. Plusieurs civils et militaires ont été tués durant ces différents affrontements. A quelques semaines d'élections législatives anticipées, prévues le 1er novembre, les opposants au président Erdogan accusent le pouvoir en place de raviver les tensions à des fins électorales afin de reconquérir une majorité de sièges, perdue lors du dernier vote de juin.

close

S’abonner à #La Lettre