L'UIE condamne le Vatican dans l'affaire "Vatileaks 2" | Livres Hebdo

Par Agathe Auproux, le 08.07.2016 à 15h21 (mis à jour le 08.07.2016 à 16h00) Scandale

L'UIE condamne le Vatican dans l'affaire "Vatileaks 2"

Gianluigi Nuzzi et Emiliano Fittipaldi. - Photo DR/COPIE D'ÉCRAN

L’Union internationale des éditeurs (UIE) et l’Association des éditeurs italiens (AIE) se réjouissent du non-lieu dont bénéficient les deux journalistes italiens dans l’affaire "Vatileaks 2" mais condamnent fermement les tentatives d’intimidations exercées par le Vatican pour les réduire au silence.

Après huit mois de procès, la sentence est tombée jeudi 7 juillet en fin d’après-midi. La justice vaticane solde l’affaire "Vatileaks 2" en réduisant les peines requises par le parquet à l’encontre des trois collaborateurs du Vatican accusés d'avoir organisé la fuite de documents confidentiels, et s’est déclarée incompétente envers les deux journalistes et auteurs italiens, qui ont écrit des livres révélateurs de scandales financiers et de liens de corruption au Vatican. Ils ont bénéficié d'un non-lieu.

Gianluigi Nuzzi a notamment écrit Chemin de Croix (Flammarion, à paraître chez J'ai lu en septembre), troisième volet de ses enquêtes après Vatican: société anonyme (Hugo Doc, 2011) et Sa Sainteté: scandale au Vatican (Privé, 2012). Emiliano Fittipaldi a publié en Italie l'an dernier, Avarizia: Le carte che svelano ricchezza, scandali e segreti della Chiesa di Francisco.

L’UIE et l’AEI, qui se réjouissent du non-lieu, se déclarent intimement persuadées du fait que Gianluigi Nuzzi et Emiliano Fittipaldi n’auraient jamais dû être poursuivis en premier lieu. "Ils étaient des journalistes professionnels œuvrant dans l’intérêt public et jamais leur travail n’a compromis la sécurité de Vatican. De plus, l’accusation n’a fait aucune distinction entre les deux auteurs et les autres inculpés, alors même que Francesca Chaoqui, Mgr Vallejo Balda et Nicola Maio étaient des employés du Vatican"

Richard Charkin, président de l'UIE, insiste : "L’intimidation exercée sur ces journalistes – au lieu de s’occuper à lutter contre la débauche qu’ils ont courageusement dévoilée – est un témoignage accablant des priorités du Vatican. Les journalistes d’investigation professionnels exposent la vérité dans l’intérêt public; ils délivrent un service public essentiel en forçant les autorités à prendre leurs responsabilités, et ils méritent pour cela de bénéficier d’une protection juridique".
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