Un an et demi après le lancement de La Tribu, première maison hébergée au sein des Nouveaux Éditeurs (LNE), le groupe créé par Arnaud Nourry poursuit son développement en accueillant une nouvelle entité : Les Intranquilles.
La structure fondée par Paloma Grossi, jeune éditrice de 32 ans, publiera ses deux premiers titres au août : Décolorer sa fille de Lucie Bérard, un premier roman qui explore la filiation féminine et la charge domestique intériorisée, et Bonne figure de Simon Chevrier, auteur dont Paloma Grossi a déjà édité Photo sur demande chez Stock, couronné du Goncourt du premier roman 2025 et vendu à plus de 10 000 exemplaires selon les données NielsenIQ BookData de la base Electre.
La typographie du logo des Intranquilles a été créée par Margot Lévêque, fondatrice de Claude Type- Photo LES INTRANQUILLESPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Passée par Les Échappés avant de rejoindre Stock où elle était responsable éditoriale depuis deux ans, Paloma Grossi a notamment publié au sein de la maison du groupe Hachette des auteurs comme Panayotis Pascot, Jennifer Padjemi, Juliet Drouar ou Rebeka Warrior.
Chez LNE, elle entend ouvrir un nouveau chapitre de sa trajectoire professionnelle. « Je suis éditrice depuis déjà dix ans, je ne suis plus si jeune », sourit celle qui n’en devient pas moins la benjamine des Nouveaux Éditeurs alors même qu’Arnaud Nourry a jusqu’à présent privilégié les profils plus expérimentés. Il y a un peu plus d’un an, le fondateur de LNE nous expliquait que son projet est d’embarquer « plutôt une génération d’éditeurs qui a entre 40 et 50 ans – un peu plus ou un peu moins –, qui a déjà fait la preuve de son talent et qui dispose d’une écurie d’auteurs au niveau de vente intéressant. »
Une quinzaine de parutions par an
« Paloma est l’illustration même de l’adage qui veut que la valeur n’attende pas le nombre des années, déclare-t-il aujourd’hui dans un communiqué transmis à Livres Hebdo. Elle a marqué de son empreinte les deux maisons dans lesquelles elle est passée, et tissé avec ses auteurs des liens très forts qui sont la marque des grands éditeurs. »
Approchée par LNE qui lui a proposé de rejoindre le groupe, l’intéressée dit avoir été séduite par un projet en phase avec les mutations actuelles du secteur. « Je suis persuadée que l’époque exige une nouvelle forme de liberté, confie-t-elle. Nous vivons un moment de rupture dans l’édition. Il importe de publier moins et d’accompagner mieux, avec un modèle différent. Avec Les Intranquilles, je défends une forme d’artisanat. »
La ligne éditoriale de la maison se veut équilibrée avec une quinzaine de titres par an, répartis à parts égales entre littérature et non-fiction. Au cœur du projet, une attention particulière sera portée aux auteurs, qui bénéficieront d’un « accompagnement personnalisé ». Si elle compte publier des écrivains confirmés, Paloma Grossi accordera une place importante aux primo-romanciers, dans la continuité de son travail chez Stock, où elle défendait déjà de nouvelles voix comme Simon Chevrier ou Panayotis Pascot.
« Les enfants terribles »
Le nom de la maison, Les Intranquilles, donne quant à lui le ton : « Les Intranquilles, ce sont les enfants terribles, ce sont les gens qui doutent. Cela va de la fièvre créatrice de l’auteur habité par son texte à celle du lecteur hanté par le livre qu’il est en train de lire. » Seule dirigeante de la structure, Paloma Grossi prévoit d’embaucher prochainement, à mesure que son catalogue se développera.
Dans la continuité des deux premières parutions du mois d’août, la maison publiera en septembre Grave, de Laure Gouraige, un récit littéraire dans lequel la romancière, qui a déjà publié trois textes chez P.O.L, refuse la hiérarchie des deuils en écrivant sur la mort de son chat. En octobre suivra Il n’en restera qu’une, de Clarence Edgard-Rosa, enquête intime sur la rivalité féminine : l’autrice, spécialiste des questions féministes et fondatrice de Gaze Magazine, se livre à une archéologie personnelle après la redécouverte de ses journaux intimes d’adolescence.
Après La Tribu (littérature, septembre 2024), Maison Pop (romance/grand public, mars 2025), La Doux (jeunesse, avril 2025), Les Léonides (littérature, mai 2025), Morgen (BD/manga/romans graphiques, juin 2025), Point Nemo (idées/savoirs, septembre 2025) et Les Corps Conducteurs (littérature/essais, octobre 2025), Les Intranquilles sont la 8e maison d’édition à voir le jour au sein des Nouveaux Éditeurs. Comme pour l’ensemble des structures abritées par le groupe, la maison bénéficiera de la diffusion-distribution de Flammarion.
Arrivées et départs chez LNE
Un an et demi après leur lancement par Arnaud Nourry, en 2024, Les Nouveaux Éditeurs continuent de s’étoffer. Ils ont aussi connu leurs premiers départs. Du côté des arrivées, Alexandra Crozet est venue renforcer l’équipe de la rue Saint-André-des-Arts en tant que directrice commerciale. En provenance de Belfond et Bouquins (Editis), elle est entrée en fonctions ce mois d’avril.
Côté départs, Damien Naddeo, cofondateur en mars 2025 de Maison Pop avec Virginie Fuertes, a quitté la société en décembre dernier. Selon La Lettre, l’ancien directeur marketing de L’Archipel (Editis) a été écarté par Arnaud Nourry en raison d’une « erreur stratégique » concernant la sortie du premier tome de la trilogie de dark romance Cuero Assasino d’Hazel Diaz.
Clément Ribes, cofondateur avec Pauline Miel des Corps Conducteurs, a pour sa part quitté LNE en janvier, sans que les raisons de son départ aient filtré.
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