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Les éditeurs de sciences humaines et sociales mobilisés contre Jean-Michel Blanquer

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale - Photo DR

Les éditeurs de sciences humaines et sociales mobilisés contre Jean-Michel Blanquer

Une soixantaine d'éditeurs a dénoncé dans une tribune publiée dans Libération le 18 novembre, les propos du ministre de l'Education, Jean Michel Blanquer. Il avait soupçonné l'existence de "courants islamo-gauchistes" très forts dans l'enseignement supérieur.

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Par Alexiane Guchereau
Créé le 20.11.2020 à 20h00

Les éditions Anamosa, celles de l'Ecole des hautes études en sciences sociale (EHESS), l'Anarchasis et L'oeil d'or ont porté la parole d'une soixantaine éditeurs de sciences humaines et sociales dans une tribune publiée dans Libération le 18 novembre. Le texte visait à dénoncer les propos du ministre de l'Education, Jean Michel Blanquer, qui affirme soupçonner l'existence de "courants islamo-gauchistes" très forts dans l'enseignement supérieur.

Les éditeurs reprochent au ministre d'avoir remis en cause la diversité et l'indépendance de la recherche "au moment où le même gouvernement tente de faire adopter une loi de programmation de la recherche à la faveur de la pandémie". "L’idée même de mettre sous la coupe de politiques partisanes le monde universitaire est non seulement inacceptable, mais dangereuse" appuient-t-ils. Selon eux, les gouvernants "affaiblissent encore un peu plus la valeur de la recherche et la légitimité des chercheurs et chercheuses ". 

Cosignataire de la tribune, Etienne Anheim (éditions de l'EHESS) confie à Livres Hebdo qu'il souhaite simplement avec ce texte que le gouvernement "rompe avec cette position  et ces propos". "Cela n'appelait pas vraiment de réponse formelle, à ce stade, mais plutôt l'espoir d'un changement d'attitude" ajoute-t-il.

Par cette tribune, les maisons d'éditions se sont aussi montrées solidaires des chercheurs, dont elles partagent l'incrédulité et la colère déjà exacerbées par la loi sur la programmation de la recherche scientifique. Porté par la ministre de l'Enseignement supérieur Fréderique Vidal, le texte, controversé, a été présenté à l'Assemblée nationale le 17 novembre et adopté par le Parlement. 

Selon les syndicats interrogés par Le Monde, il "privilégie les appels à projets pour distribuer les nouveaux financements, au détriment de budgets pérennes". "Décrédibiliser la recherche, c’est se priver d’un savoir partageable et laisser place à des contre-vérités et des fake news, dont le climatoscepticisme est l’un des exemples les plus désastreux " alertent les éditeurs.

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