Crise sanitaire

Les auteurs québécois oubliés par le plan de relance provincial

Photo UNEQ

Les auteurs québécois oubliés par le plan de relance provincial

Malgré un plan de relance de 400 millions de dollars canadiens pour la culture québécoise, seule une mesure dotée de 4 millions de CAN$ concerne les auteurs et les artistes, toutes disciplines confondues.

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Par Vincy Thomas,
Créé le 05.06.2020 à 16h16,
Mis à jour le 05.06.2020 à 17h00

L’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) critique le plan de relance économique du milieu culturel dévoilé en conférence de presse le 1er juin dernier par la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Nathalie Roy. Avec un budget de 400 millions $ sur deux ans pour relancer le milieu culturel, dont 250 millions $ d’argent neuf, le projet avait été jusque là plutôt bien accueilli.

Cependant, l’UNEQ reproche au gouvernement provincial de n'avoir accordé qu'une seule mesure aux auteurs québécois, "soit la bonification du budget du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), qui pourra ainsi attribuer davantage de bourses de création".

Des miettes

Selon l'UNEQ, ces 4 millions CAN$ seront destinés à l’ensemble des programmes de bourses, pour toutes les disciplines : arts du cirque, arts visuels, arts numériques, chanson, cinéma et vidéo, danse, métiers d’art, musique, recherche architecturale, théâtre... ainsi que la littérature et le conte. "Chaque discipline n’aura donc droit qu’à une fraction des millions annoncés" s'inquiète l'union.

De plus, les écrivaines et les écrivains ne seraient pas éligibles au fonds d’urgence lui aussi annoncé le 1er juin, qui sera géré par nos collègues de l’Union des artistes (UDA) et de la Guilde des musiciens.

Urgences

« L’urgence pour plusieurs de nos membres n’est pas de déposer une demande de bourse pour un nouveau projet de création, dont les résultats seront connus quelque part à l’automne et demeurent imprévisibles, car rappelons que le dépôt d’une demande ne garantit en rien l’obtention d’une aide. L’urgence, c’est de savoir comment ils vont passer au travers de l’été ! », rappelle dans un communiqué la présidente de l’UNEQ, Suzanne Aubry.

« L’urgence, c’est de payer les factures, le loyer et l’épicerie, en attendant que les parutions et les ventes de livres reprennent leur cours normal, que les salons du livre puissent avoir lieu, que les conférences et rencontres d’auteurs en bibliothèque puissent reprendre. Et il ne faut pas oublier que les autrices et les auteurs ne reçoivent leurs redevances qu’un an après la parution d’un livre » explique-t-elle.

Ottawa

Le plan de relance mise notamment sur le numérique pour permettre aux artistes de rejoindre leur public de manière innovante et créative. Or, l'UNEQ rappelle que les écrivaines et les écrivains n’ont aucune entente collective encadrant leurs conditions de travail ni aucune grille tarifaire validée et que qrien n’encadre les activités un auteur sur une plateforme numérique.

L'UNEQ attend désormais une réponse du gouvernement fédéral. « Nous demandons au premier ministre Justin Trudeau de prolonger la Prestation Canadienne d’urgence pour nos artistes, en leur permettant d’y avoir accès pour quatre mois supplémentaires », déclare Suzanne Aubry. « L’incertitude prolongée dans laquelle nous plonge le coronavirus ne nous permet pas d’entrevoir une sortie de crise à court terme pour les écrivaines et écrivains. La situation de plusieurs d’entre elles et eux nous préoccupe grandement » ajoute-t-elle.

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