L'édition en Russie décortiquée au CNL | Livres Hebdo

Par Isabel Contreras, le 14.03.2018 à 18h29 (mis à jour le 19.03.2018 à 12h54) BIEF

L'édition en Russie décortiquée au CNL

A l'occasion de l'invitation d'honneur de la Russie à Livre Paris, le BIEF a organisé ce mercredi 13 mars des rencontres professionnelles franco-russes autour de plusieurs thématiques, dont les droits d'auteur en Russie. Un éditeur et une agente russes se sont attelés à la tâche pédagogique.

Organisées au CNL et au SNE, les rencontres professionnelles franco-russes ont démarré, ce mercredi 14 mars, par sa traditionnelle série de tables rondes. Après les présentations du marché du livre en France et en Russie puis de la littérature et des sciences humaines en France, les participants ont assisté à une rencontre sur l'évolution des droits d'auteur en Russie et l'incidence sur le contrat d'édition.

Présentée par le directeur des éditions Text, Olguert Libkin, et par l'agente littéraire, Anastassia Lester, cette table ronde s'est d'abord focalisée sur les spécificités juridiques en matière de droits d'auteurs en Russie. Olguert Libkin, éditeur de Patrick Modiano ou de Jacques Prévert entre autres auteurs français, a fait un retour en arrière dans l'Histoire de son pays. "Ce n'est qu'en 2008 que la législation sur la protection du droit d'auteur a été prolongée à 70 ans après la mort de l'auteur", a-t-il expliqué. Evolution remarquable par rapport à la période de l'URSS où toute œuvre publiée avant 1973 était considérée comme entrée dans le domaine public. "Nous avions de ce fait nourri une atmosphère de méfiance à notre égard", a souligné Anastassia Lester.

Un prix de vente non maîtrisé

Les intervenants ont ensuite tenté d'expliquer comment le prix de vente au public était déterminé chez eux. "L'éditeur fixe un prix de gros mais n'a pas la main sur les marges appliquées par la distribution et n'a pas d'outils pour contrôler cela", a expliqué Olguert Libkin. Un prix est basé sur le coût de production du livre. Anastassia Lester a dans ce sens précisé que l'autodiffusion entre dans ces coûts. "Les librairies de Moscou et de Saint-Petersbourg reçoivent les éditeurs chez eux. Ces derniers présentent leurs nouveautés et se battent pour que leurs livres deviennent le coup de cœur du mois", a-t-elle expliqué.

La journée s'est achevée par une rencontre autour de la traduction et des dispositifs d'aide en Russie. Jeudi 15, une dernière table ronde sur le secteur jeunesse et la bande dessinée se tiendra entre 10h et midi au Syndicat national de l'édition.
close

S’abonner à #La Lettre