Le Syndicat de la librairie française (SLF) annonce son retrait du Festival du livre de Paris (filiale du Syndicat national de l’édition) pour protester contre le partenariat noué cette année avec Amazon.
Prévu du 17 au 19 avril au Grand Palais, le festival accueille pour la première fois le géant du e-commerce comme partenaire. Présent depuis les débuts de l'événement, le SLF précise à Livres Hebdo avoir « toujours eu une délégation sur place ».
Ce partenariat, qui englobe Kindle et Audible (déjà présents lors de la dernière édition), positionne Amazon au même niveau que la marque de stylos Pilote, partenaire de l’évènement derrière le CNL et la région Île-de-France (partenaire premium), a assuré le Festival du livre de Paris à Livres Hebdo. L'organisation précise qu’Amazon disposera d’un stand unique brandé « Amazon Kindle Audible ».
De son côté, Amazon avait déclaré lors de l'annonce du partenariat, le 10 février : « Dans un contexte où la lecture recule, le Festival du Livre de Paris est une opportunité précieuse d'échanger au sein de la filière et avec les lecteurs, pour raviver ensemble le goût de lire ».
« Amazon n’est pas un ami du livre »
Le Syndicat de la librairie française dénonce ce partenariat : « Comment associer à la grande fête nationale du livre un acteur dont la stratégie conduit à déstabiliser l’écosystème du livre en attaquant le prix unique du livre et le réseau des librairies indépendantes ou encore en cherchant à inonder le marché de faux livres générés par IA, promus par de faux commentaires, rédigés par de faux lecteurs et remontant en tête de faux palmarès ? »
Le SLF appelle les professionnels du livre et les lecteurs au boycott du festival, affirmant qu’Amazon « n’est pas un ami du livre ». Il dénonce sa « puissance » et « ses visées prédatrices » en rappelant que le géant de l’e-commerce représente « un risque majeur pour les auteurs et autrices, les éditeurs, éditrices et les libraires ».
Le SLF estime qu’il est « irresponsable » d’inclure Amazon à la manifestation au « nom d’intérêts financiers de court terme » en lui apportant « visibilité et honorabilité ». Il rappelle aussi que le Festival du livre de Paris représente la vitrine de la création et de l’édition française, avant de conclure : « Si la multinationale américaine, soutien de premier plan de Donald Trump, a de l’argent à dépenser, qu’elle commence par payer ses impôts en France comme le font tous les auteurs, les éditeurs et les libraires. »
