Le Nouveau Magazine Littéraire veut "changer le monde" | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 14.12.2017 à 19h31 (mis à jour le 14.12.2017 à 22h41) Nouvelle formule

Le Nouveau Magazine Littéraire veut "changer le monde"

Claude Perdriel, Maurice Szafran et Raphaël Glucksmann ont présenté la nouvelle formule du Nouveau Magazine Littéraire, désormais totalement indépendant. Le mensuel qui "veut réinventer le monde" sera en kiosques le 18 décembre.

Dans les salons feutrés de la brasserie emblématique de Saint-Germain-des-Prés, le Procope, deux mondes se télescopent. L'ancien, avec le décor chargé et la présence de Claude Perdriel, patron de presse depuis 55 ans, coexiste avec le nouveau, où les smartphones sonnent, les écrans servent de lumière artificielle et Raphaël Glucksmann présente son bébé, la nouvelle formule du Nouveau Magazine Littéraire. Elle sera lancée le 18 décembre en kiosques au prix de lancement de 4€90 (5€90 ensuite). Le premier numéro fait sa une sur "Les idées changent le monde (Voyage au cœur des nouvelles utopies)". 
  L'écrivain et philosophe veut "réinventer le monde", persuadé qu'il "faut tourner la page du déclinisme", s'enthousiasme-t-il avant de faire un canard dans son café. "Essayons quelques chose de différent, de neuf. Pas seulement sur papier: sur le web, dans les facs, sur les places", écrit-il dans son premier édito. 

La première partie du magazine est davantage liée à l'actualité, et la maquette comme le ton se rapprochent de ce que l'on peut voir dans des magazines comme Society ou Les Inrocks
Le mensuel fait la part belle aux idées, mais n'oublie pas la littérature ("Notre bibliothèque"), la culture ("Les arts" avec Star Wars et la Datar vue par Aurélien Bellanger), l'histoire ("La Boétie", avec des contributions de Michel Onfray, Alexis Brocas et Frédéric Gros) et même le récit (avec une fiction inédite signée Leïla Slimani, La confession) ou la poésie (avec un poème inédit de Patrick Chamoiseau, Amorces). Soit un mélange de fictions et de critiques, d'opinions et d'anecdotes, de penseurs d'hier et de jeunes écrivains. "Tous ceux qui ont quelque chose à dire sur notre temps", résume le directeur de la rédaction, à condition qu'ils partagent les mêmes valeurs: humanisme, progressisme, cosmopolitisme.

On pourrait y voir aussi un outil de résistance à une certaine presse réactionnaire. C'est davantage une réaction à eux. Najat Vallaud-Belkacem s'interroge d'ailleurs dans un texte publié dans la rubrique "Les Idées": "Nous avons perdu. Devons-nous changer nos convictions?", parlant de bataille culturelle amorcée il y a quelques décennies...
  Claude Perdriel le considère d'ailleurs comme son journal politique, lui qui a ouvert la veille le capital de son groupe à Renault. Le Nouveau Magazine Littéraire n'est pas concerné. Dorénavant complètement indépendant, il bénéficie d'un investissement raisonnable d'un million d'euros, de quoi amortir un éventuel échec dans deux ans. L'objectif affiché est de 30 mille à 35 mille exemplaires par mois vendus en kiosques. Le premier numéro sera cependant tiré à 80 000 exemplaires. "J'espère que ce sera profitable, mais ce n'est pas certain", avoue-t-il. Il est optimiste. La publicité a toujours été un revenu minoritaire pour le magazine (pas plus de 20% des recettes), aussi devra-il compter sur les abonnements (15000 lecteurs) et la vente au numéro. 
  Pour Maurice Szafran, directeur éditorial de Sophia Publication, "c'est avant tout un média". L'objectif est de fédérer une communauté à travers les réseaux sociaux, les conférences, de dynamiser un esprit collectif avec les lecteurs. Ainsi on ne commentera pas un article, on y contribuera, avec arguments exigés. Prévu pour le début janvier, le site, qui sera en fait une plateforme de débats d'idées, accompagnera cette mise en réseau. Raphaël Glucksmann explique que Le Nouveau Magazine Littéraire n'a pas vocation à produire de l'actualité en ligne: "On va choisir dans l'actualité ce qu'il y a de plus révélateur et le mettre en perspective". 

"Aider à faire comprendre dans un monde complexe aux interactions complexes", précise Claude Perdriel pour définir cette nouvelle version d'un mensuel créé en 1966. Raphaël Glucksmann n'était pas encore né. 



 
close

S’abonner à #La Lettre