12 JANVIER - ROMAN Danemark

Fils de pasteur, aristocrate et homosexuel, Herman Bang (1857-1912) fut l'une des grandes figures des lettres danoises. Et cela dès ses débuts avec un roman autobiographique, Famille sans espoir, qui lui valut un procès pour atteinte aux bonnes moeurs. "Un être humain aime un autre, mais il ne peut jamais le posséder totalement : c'est le sujet de tous les livres de Bang", rappelle Klaus Mann qui loue la foi qu'il vouait à la vie. Chez Phébus, Daniel Arsand entreprend de remettre son oeuvre - une oeuvre que sa traductrice Elena Balzamo estime marquée "par le mal de vivre et la résignation" - à la lumière. Mi-janvier, on retrouvera ainsi en "Libretto" Les quatre diables (Esprit ouvert, 1999) et, en grand format, ce Mikaël que Carl Th. Dreyer porta à l'écran en 1924.

Avant-dernier roman de son auteur, drame en cinq actes unanimement salué par la critique, le volume date de 1904. Klaus Mann, encore lui, y voit "le roman d'amour le plus triste de tous les temps". A Paris, à la fin du XIXe siècle, Claude Zoret converse dans son atelier avec le Tchèque Mikaël qu'il a connu à Prague. Lorsque le pâle jeune homme de 17 ans venait lui montrer ses dessins. Le maître, qu'on sait inspiré de Claude Monet, l'avait alors pris sous son aile et en avait fait son modèle. Voici un peintre à l'imposante barbe noire qui se décrit comme "un vieillard, vieux et gris". Zoret est veuf, se sent seul au monde.

Après avoir hésité, il accepte de réaliser le portrait de la princesse Lucia Zamikof. Une fameuse dame du monde dont la beauté n'échappe pas à Mikaël. Un Mikaël qui se montre de plus en plus dépensier et cherche à se libérer de l'emprise d'un mentor avec lequel il entretient une relation amicale et artistique ambiguë... Il faut sans tarder découvrir ou redécouvrir l'univers de celui qui était né dans l'île d'Als, sur la côte orientale du Schleswig, refusa le Nobel et mourut en exil, au cours d'une tournée de conférences aux Etats-Unis.

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