Paris

Le centre d'Archives LGBTQI approuvé par les élus parisiens

Photo CENTRE D'ARCHIVES LGBTQI

Le centre d'Archives LGBTQI approuvé par les élus parisiens

Depuis trois ans et demi, le projet de Centres d'archives LGBTQI avance à (trop) petits pas. Le voeu voté hier à l'unanimité au Conseil de Paris accélère sa concrétisation.

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Par Vincy Thomas,
Créé le 05.02.2021 à 17h05,
Mis à jour le 05.02.2021 à 17h13

Jeudi 4 février, au Conseil de Paris, le voeu 110 de l'exécutif "relatif à un espace dédié au collectif Archives LGBTQI" a été adopté à l'unanimité. Le Centre d'archives LGBTQI de Paris Île-de-France a passé une étape supplémentaire vers sa concrétisation après des années d'atermoiements, comme l'a souligné Aurélien Véron, conseiller de Paris de la liste Changer Paris (Les Républicains, centristes et indépendants). Lui même en tant qu'élu de l'arrondissement Paris Centre avait déposé son propre voeu, le 109, "relatif à l'ouverture du centre d'archives LGBT". Il suggérait que l'établissement (Le Marais, rue Sainte-Anne...) trouve un lieu dans Paris Centre, afin de stopper l'érosion de la présence de la communauté LGBTQI+, et notamment la fermeture ou la délocalisation d'établissements emblématiques comme la librairie Les mots à la bouche l'an dernier.

Dans son allocution, le conseiller de Paris rappelait que le collectif "a réalisé un Travail considérable ses vingt dernières années, assemblant objets, archives écrites, sonores, audiovisuelles emblématiques de l’histoire de la communauté LGBT dans sa diversité" et que leur "ambition n’est pas seulement de récolter ces pièces, mais d’en récolter de nouvelles, de les exposer" à disposition des chercheurs et des citoyens, parisiens et Français. Il confirmait aussi que la région Ile-de-France "cofinancerait les frais d’investissements et d’entretien de ces archives".

Si l'enjeu comme le résultat du vote montrent une position consensuelle et transpartisanne sur le sujet, cela n'a pas empêché une petite guerre politique lors du Conseil de Paris. Pour ce vote, Anne Hidalgo, la Maire de Paris, est revenue présider la séance. Aurélien Véron, avant de conclure la présentation de son voeu, a souligné le "travail de Jean-Luc Roméro-Michel", qui a réussi à convaincre "l'exécutif de soutenir ce projet".

La majorité soudée

Jean-Luc Romero-Michel, adjoint à la maire de Paris, chargé notamment de la lutte contre les discriminations, n'a pas relevé l'attaque, mais il a décidé de porter le même voeu, avec une légère modification de l'intitulé, au nom de la majorité. Ainsi, les élus de gauche n'ont pas eu besoin de voter un voeu proposé par l'opposition.

Jean-Luc Romero-Michel voit lui aussi dans ce centre d'archives un "enjeu important et même essentiel". "Ce centre d’archives est une des priorité pour ce mandat de Anne Hidalgo" et doit "faire de Paris la capitale de l’inclusion". Pour lui, il faut identifier un lieu pour ce centre, en lien avec le collectif d’archives, avant fin 2021, déterminer par une convention les modalités de mise à dispositon de ce local, et valoriser ce projet à hauteur de l’intérêt général qu’il représente. Soutenant le voeu, Anne Hidalgo a affirmé que "Paris est une ville réfuge, ouverte" et que ce centre "est un devoir, une responsabilité, un élément de notre identité."

Tous les élus qui se sont exprimés considèrent que le projet nécessite un soutien étatique et privé pour qu'il puisse être autonome, comme le souhaite le collectif. Or l'Etat ne s'est toujours pas prononcé: le collectif est encore dans l'attente d'un rendez-vous avec le ministère de la Culture et celui chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances.

Conseillère de Paris, pour EELV, Alice Coffin a exprimé sa "grosse joie" à l'issue du vote, tout en précisant qu'il était maintenant nécessaire de faire bouger le ministère et les financeurs privés. Comme son collègue socialiste Gauthier Caron-Thibault, elle demande à ce que la recherche du lieu ne soit pas circonscrite au centre de Paris.

Le Centre d'archives a besoin de 500m2, d'un budget de 150000 euros par an hors loyer (dont 90000 de fonctionnement annuel) et de personnels salariés.




 

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