Paris

Le centre d’archives Lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queer et intersexe (LGBTQI) est un serpent de mer. Quinze ans que le projet est lancé. Mais, "on a compris l’urgence", explique à Livres Hebdo Hélène Bidard, adjointe à la maire de Paris pour l’égalité femmes-hommes, chargée du dossier. L’élue rappelle que "ce n’était pas dans le programme : il n’y avait donc pas de crédits affectés".

Après les échecs des précédentes initiatives, elle a multiplié les concertations entre la Ville de Paris et les associations. Depuis la fin août, lors de la sortie du film 120 battements par minute, les tribunes se succèdent pour accélérer la création du centre, avec ou sans l’aide d’un partenaire public. Devenues méfiantes, les associations se réunissent régulièrement et un collectif Archives LGBTQI s’est constitué, avec un site Web et des comptes sur les réseaux sociaux. Pour l’instant, elles n’ont obtenu qu’un box de stockage (payé par la ville et géré par le centre LGBT), une stagiaire pour recenser les archives, et un calendrier : colloque au premier semestre 2018, exposition d’archives en 2019, grande collecte nationale en 2020, ouverture du centre en 2020-2021. Ce calendrier est contesté : "Nous ne saurions valider l’idée que le centre d’archives ouvrirait à un horizon lointain comme 2020", explique Archives LGBTQI, qui a constitué quatre groupes de travail (projet, numérisation, actions, communication) pour établir des propositions et faire appel à des soutiens. Le collectif réfléchit à un portail d’archives numérisées dès 2018. Mais il se plaint aussi d’"étapes inutiles" telles que le colloque. Cette impatience palpable ne masque pas des difficultés internes : l’hétérogénéité des associations et des opinions sur le sujet, les divergences sur le projet (financement, fonctionnement). Chargé de la culture à Paris, Bruno Julliard a émis l’idée d’accueillir le centre dans l’une des mairies qui serait inutilisée après la fusion de quatre arrondissements. Mais, pour Hélène Bidard, ce n’est pas qu’une question de mètres carrés. L’enjeu est ailleurs : "Il faut reconnaître ces archives comme nationales. Ça veut dire que les mouvements LGBTQI font partie de l’histoire sociale et politique du pays." Elle ajoute que "si le centre n’a pas vocation à accueillir toutes les archives", il faut des chercheurs et des conservateurs qui relèvent de l’Etat. La volonté est là. Mais le périmètre et le financement durable du projet restent encore flous. Vincy Thomas


20.10 2017

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