"Jan Karski" sous la lumière des projecteurs | Livres Hebdo

Par Cécilia Lacour, le 28.02.2018 à 14h00 Théâtre

"Jan Karski" sous la lumière des projecteurs

Jan Karski (mon nom est une fiction) - Photo FRÉDÉRIC NAUCZYCIEL POUR LE CENTRE DRAMATIQUE NATIONAL ORLÉANS/LOIRET/CENTRE

En mars, le cinquième roman de Yannick Haenel est adapté pour le Théâtre du Nord. Parmi les œuvres portées sur scène, on retrouve aussi la bande dessinée Sex Story et des romans de Virginia Woolf, Philippe Claudel et Annie Ernaux.

Présentée pour la première fois en ouverture du Festival d'Avignon en 2011, l'adaptation de Jan Karski (mon nom est une fiction) par Arthur Nauzyciel revient sur les planches du Théâtre du Nord de Lille (16-23 mars) et à La Passerelle de Saint-Brieuc (12 et 13 avril).
 
Avec son roman documentaire Jan Karski (mon nom est une fiction) publié chez Gallimard en 2009 et édité en poche chez Folio en 2011, Yannick Haenel avait remporté le prix du Roman Fnac et l'Interallié. L'auteur y retrace la vie de Jan Karski, résistant polonais entré clandestinement en 1942 dans le ghetto de Varsovie afin de témoigner de l'extermination des Juifs d'Europe. Il a tenté aussi d'avertir les Alliés mais s'est heurté aux soupçons et aux refus.
 
Envoyé par Yannick Haenel à Arthur Nauzyciel
 
"Le livre m’a été envoyé par Yannick Haenel après qu’il ait vu Ordet [la pièce adaptée du roman de Kaj Munk en 2008, ndlr]. Il y reconnaissait une démarche semblable à la sienne: celle de considérer l’art comme "espace de réparation"", expliquait Arthur Nauzyciel dans le dossier pédagogique de la pièce publié en 2011. "Je l'ai lu quelques jours après la mort de mon oncle […], déporté à Auschwitz-Birkenau de 1942 à 1945. […] Haenel imagine ce qui a hanté les nuits de Jan Karski. Dans ma famille on dit de ceux qui ont survécu, qu’ils en sont "revenus"", poursuivait-il.
 
L'adaptation avait remporté le prix Georges-Lerminier du Syndicat de la critique de la saison 2011/2012, qui récompense les meilleurs spectacles théâtraux créés en Provence. Le dernier roman de Yannick Haenel, Tiens ferme ta couronne (Gallimard, 2017), a, quant à lui, été couronné par le prix Médicis.
 

Les autres adaptations prévues pour mars

Du 7 au 25 mars, le Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis accueille Let me try, adapté et mis en scène par Isabelle Lafon à partir du Journal de Virginia Woolf (Stock, 2008). Pendant plusieurs décennies, Virginia Woolf a noté dans son journal ses sentiments, ses illuminations, les portraits de ses contemporains, les évolutions sociales et les errements de son époque. Elle y évoque aussi son enfance, commente la situation politique internationale et note certains projets ou idées pour ses romans. La pièce sera également présentée au MC2 de Grenoble du 24 avril au 4 mai.
 
Une bande dessinée portée au théâtre… Bernadette Gruson s'est essayée à l'exercice pour le Tandem de Douai avec Quelque chose, adapté de Sex Story de Philippe Brenot et Laetitia Coryn (Les Arènes, 2016). La pièce sera présentée du 14 au 16 mars et retrace une histoire de la sexualité, des débuts de l'humanité au XXIe siècle, abordée non pas comme un phénomène naturel mais comme une réalité culturelle.

La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel sera à l'affiche du Phénix de Valenciennes du 15 au 17 mars, puis en tournée à la Rose des Vents de Villeneuve d'Ascq (10-13 avril) et au MC93 de Bobigny (3-7 avril). Le roman, édité chez Stock en 2005 et réédité en version audio chez Cdl éditions en 2006 et au Livre de poche en 2013, retrace le parcours de Monsieur Linh. Le vieil homme a quitté son village du Vietnam dévasté par la guerre, n'emportant avec lui qu'une valise contenant quelques vêtements usagés, une photo jaunie, une poignée de terre de son pays et avec un nouveau-né dans ses bras, Sang Diû, sa petite-fille qui a perdu ses parents. Après un long voyage en bateau, il arrive dans une ville froide et grise, avec d'autres réfugiés.
 
Avec Le Quat'sous, Laurence Cordier réunit, au Théâtre des Célestins de Lyon du 28 mars au 4 avril, trois romans d'Annie Ernaux: Les armoires vides (Gallimard, 1974 et réédité en poche chez Folio/Gallimard en 1984), Une femme (Gallimard, 1988 et réédité en poche chez Folio/Gallimard en 1989) et La honte (Gallimard, 1997 et réédité en poche chez Folio/Gallimard en 1999).
 
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