À l’occasion de l’inauguration du Festival du Livre de Paris, les éditions Dupuis annoncent le retour de Gaston Lagaffe. L'employé de bureau le plus inventif du 9e art fait son come-back avec un 23ᵉ album inédit intitulé Des Boum et des Paf, signé Delaf et Lewis Trondheim, dont la sortie en librairie est prévue le 21 octobre prochain.
Un tirage prévu à 1 million d'exemplaires
Ce nouvel opus, publié trois ans après Le retour de Lagaffe, marque une collaboration artistique particulièrement attendue avec un tirage exceptionnel à 1 million d'exemplaires.
En 2023, Gaston Lagaffe avait effectué son grand retour après 24 ans d'absence, avec le 22e volume de la série : Le retour de Lagaffe, illustré et scénarisé par Delaf, s'est vendu à plus de 602 000 exemplaires selon les données NielsenIQ BookData de la base Electre. Le scénariste et dessinateur québécois explique s'être lancé dans le dessin de l'album de la série Donjon Parade de Lewis Trondheim et Joann Sfar : « Mais, après ça, j’étais en retard pour le Gaston suivant ! L’idée de travailler avec un scénariste est donc arrivée. Et avec elle le nom de Lewis, avec qui je savais que le courant passerait. »
Ainsi, pour ce nouvel album, Delaf retrouve l’univers graphique de la série, tandis que le scénario est confié à Lewis Trondheim, figure majeure du 9ᵉ art et admirateur revendiqué d'André Franquin, créateur originel du personnage.
Passionné par la bande dessinée emblématique, Lewis Trondheim explique avoir d'abord été nerveux à l'idée de reprendre le flambeau : « Gamin, j’ai lu et relu Gaston 1 000 fois. Adulte, je me suis procuré toutes les rééditions successives. Mais, quand Delaf m’a proposé de travailler sur Gaston, je me suis demandé si j’en serais capable… Je me suis d’abord rassuré en me disant que nous écririons à deux. Sauf qu’il voulait que je compose les gags seul, même s’il se réservait la possibilité de les adapter ensuite. C’est ainsi que j’ai écrit 75 gags, dans lesquels nous avons picoré pour construire Des boum et des paf. »
Lewis Trondheim et Delaf - Photo CHLOE VOLLMER ET JF PERREAULTPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Ancré dans les années 1960, 1970
Delaf explique n'avoir que peu influencé l'écriture de Lewis Trondheim, sauf sur un point : « Je voulais que ses gags se déroulent à l’époque du Cas Lagaffe, donc fin des années soixante, début des années soixante-dix. Car, pour moi, cet album est le Gaston parfait, avec un dessin sublime, très sensuel, réalisé au pinceau. »
Lewis Trondheim explique avoir alors listé les objets qui lui semblaient emblématiques des années 1970, y compris ceux déjà utilisés par Franquin en essayant de « pousser certains gags encore plus loin ». Il précise que dans Des boum et des paf il y aura une cabine téléphonique ou encore un détecteur de mensonges : « Cette dernière idée m’est venue du gag 816, où Gaston jouait avec 100 montages électroniques, une boîte de bricolage censée permettre la construction d’un orgue, d’un émetteur ou… d’un détecteur de mensonges. Je me suis dit que ça serait amusant de l’utiliser sur les collègues de la rédac. Surtout sur Mademoiselle Jeanne… »
Le sens du détail inspiré par Franquin
Les deux auteurs expliquent garder constamment en tête l'œuvre de Franquin et s'en inspirer aussi bien esthétiquement que dans l'intégration de petits détails : « Franquin ne laissait rien au hasard, ni dans son dessin ni dans sa documentation. J’essaye d’en faire de même », il prend notamment l'exemple de la boite des 100 montages électroniques : « [Elle] était trop bien dessinée pour ne pas réellement exister. Je l’ai donc cherchée. Et je l’ai trouvée ! ».
Delaf précise aussi s'inspirer même de la manière dont Franquin dessinait, essayant de toujours améliorer son trait : « J’ai analysé des vidéos où l’on voit Franquin dessiner Gaston. Il y avait un rythme particulier, comme une musique dans le trait. Régulièrement, au cours de la réalisation de Des boum et des paf, j’ai eu l’impression d’assimiler des petites choses. Je me suis moins référé au travail de Franquin et me suis davantage fait confiance. À force de parler le Franquin, je le parle mieux, avec moins d’accent. Mais mon objectif n’est pas de l’imiter à la perfection. J’en serais bien incapable. La ligne que je me fixe, c’est de rester dans son esprit. »
Extrait d'une planche du tome 23 de Gaston Lagaffe, Des Boum et des Paf de Delaf et Lewis Trondheim (Dupuis)- Photo DUPUISPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.


