Enquête

Le jeu, sous ses multiples formes, a toute sa place en bibliothèque : c’est le message qu’adresse Françoise Legendre, inspectrice générale des bibliothèques, dans son rapport "Jeu et bibliothèque : pour une conjugaison fertile" (1). Le jeu est entré très tôt dans les bibliothèques pour la jeunesse, celle de L’Heure joyeuse à Paris l’a proposé dès son ouverture en 1924. Il est cependant très difficile de connaître l’offre disponible aujourd’hui dans les bibliothèques françaises, ce critère n’étant pas répertorié dans le rapport annuel sur les bibliothèques du Service du livre et de la lecture du ministère de la Culture. Une chose est sûre, la présence du jeu progresse dans les bibliothèques même si sa légitimité dans les collections et les services fait encore débat parmi les professionnels. Les activités ludiques sont considérées comme futiles, alors que la bibliothèque est encore très largement associée à l’éducation et à la culture "sérieuse". Les chercheurs ont pourtant démontré que le jeu favorisait l’expérience collective et pouvait faciliter l’accès à la culture. Les établissements qui décident de proposer du jeu ont souvent pour objectif de toucher des publics absents des bibliothèques comme les jeunes adultes, et de moderniser leur image. Mais, alerte l’auteure, "le jeu ne doit pas servir uniquement de produit d’appel. Il doit être proposé pour ses qualités propres".

De plus en plus de bibliothèques, territoriales, mais également universitaires rivalisent d’imagination pour proposer une découverte de leurs services et de leurs espaces de manière ludique, telle la bibliothèque de l’université de Haute-Alsace, à Mulhouse, qui propose un jeu de rallye dans ses locaux. Le jeu vidéo, pratiqué par plus de 31 millions de personnes en France, est particulièrement apprécié des usagers. Mais le développement de ce type d’offre dans les bibliothèques nécessiterait "une clarification juridique au niveau national afin que la réalité des pratiques soit prise en compte et que les droits des auteurs de jeux vidéo puissent être respecté par les bibliothèques", souligne Françoise Legendre. Les jeux vidéo étant considérés comme des œuvres de l’esprit, les bibliothèques doivent actuellement faire pour chacun d’eux une demande d’autorisation auprès des ayants droit avant de les mettre en consultation ou en prêt. Véronique Heurtematte

(1) http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr


08.05 2015

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