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RACINES
« Il y avait un côté voyageur et cosmopolite dans ma famille. Mon grand-père avait été magistrat à Hanoï, où ma mère est née. Mon père, Jacques, était grand reporter à la radio, puis à TF1. Il n’était jamais là. Je me demandais souvent : "Et toi, d’où tu viens ?" J’ai dû me construire mes propres racines, les planter là où je me trouvais. Une forme de liberté. Je ne suis pas vraiment voyageur, mais habitant des lieux. Chaque fois que je pars, je me sens déraciné. Même de lieux professionnels, comme Matignon au temps de la Covid, que j’appelais "l’Ambassade de France en France" ».
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CHINE
« Ce fut une découverte, par la langue d’abord, en Australie. Une lubie. Puis, je me suis intéressé au système graphique, à l’histoire, aux arts et à la littérature de la Chine. J’ai consacré ma thèse à Simon Leys, préparée à l’Université de Montpellier III, puis à l’Inalco, où j’ai même été bibliothécaire ! Il y a eu aussi ma rencontre décisive avec André Kneib, un très grand calligraphe, qui est mon maître, généreux, facétieux, très chinois. On peut être sinologue et écrivain ! J’ai été attaché culturel à Pékin, de 2010 à 2014, chargé du livre et du débat d’idées ».
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INDE
« Je me plaisais en Chine. Aussi, lorsque le Quai d’Orsay m’a proposé d’être nommé en Inde, j’y suis allé à reculons. Dès mon premier voyage de reconnaissance, je suis tombé gravement malade. Après des débuts difficiles, je me suis accoutumé, et maintenant j’adore l’Inde, grâce au Jaipur Literary Festival, que j’ai vécu en 2015, comme une épiphanie. J’ai sillonné le pays, où j’ai été en poste de 2014 à 2018, sur ma moto Endfield. L’Inde, c’est trop ! La quitter a représenté pour moi, qui suis sensible et sentimental, un véritable déchirement, pire que pour la Chine ».
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POLITIQUE
« Je me souviens, quand j’étais étudiant, en stage chez Grasset, que la femme de l’éditeur Yves Berger m’avait dit : "La dernière aventure encore réelle dans le monde d’aujourd’hui, ce n’est plus le voyage, mais la politique". Lorsque j’étais en poste en Chine, puis en Inde, ce qui m’intéressait le plus, c’est la politique. Comme l’amour et la mort, c’est ce qui fait la littérature et nourrit les œuvres. Voyez Malraux. Dans les lieux de pouvoir, on a l’impression que l’on peut être utile, "agir sans forcer", comme dit le Tao ».
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ÉCRITURE
« Gamin, j’avais les œuvres complètes de Victor Hugo, à côté de mon lit, comme pour me rassurer. L’envie d’écrire m’est venue pour rejoindre les écrivains que j’admirais, Henry Miller, Cendrars, Kerouac, Malraux, Leys, rien que des voyageurs. J’aime la liberté complète de l’écrivain, un hors-la-loi, qui doit tout dire. Mais il lui faut trouver une manière de dire. L’art du détour permet d’en dire beaucoup sur le centre ».
Thriller paroxystique et politique
Hyperkarma est une sorte de thriller paroxystique et politique, dont l’héroïne est Sita, une brillante avocate indienne chrétienne, fille d’une magistrate amie d’Arundhati Roy, passionnée de justice, associée dans un cabinet prestigieux de New Delhi, aux côtés de celui qu’on surnomme Kala Goda, « Cheval Noir », comme celui de la statue du roi Édouard VII, à Bombay. Sita se lance dans une traque périlleuse, pour retrouver Amrita, une jeune chrétienne qui a disparu dans les bas-fonds souterrains de la capitale indienne, au moment même où un incendie les ravageait.
Cette disparition n’est pas isolée, d’autres enfants sont également portés manquants. Quel rôle joue dans tout ça l’homme d’affaires richissime et tout-puissant Vivek Vetala, fort de ses appuis politiques auprès du Premier ministre, adepte d’un bizarre culte de la pureté ? Nicolas Idier, après Dans la tanière du tigre, consacre un deuxième roman à l’Inde, avec qui il entretient un rapport passionné, charnel, convulsif.
