« La librairie de centre-ville va continuer d’exister, c’est un engagement de la municipalité d’Évreux… rendez-vous à l’automne pour le confirmer ! ». Dans un communiqué diffusé le 6 août, le maire d'Évreux (Eure) Guy Lefrand (Divers droite) affirme ainsi le soutien de la ville à la librairie Gibert, actuellement en quête d'un repreneur.
Placé, à sa demande, en redressement judiciaire en avril dernier, le groupe Gibert cède en effet ses magasins d'Évreux, de Poitiers, ainsi que la Librairie La Place sur le quai Saint-Michel à Paris, comme l'indique son plan de redressement dévoilé le 24 juillet. Ces trois enseignes resteraient « déficitaires à l’horizon 2028 » malgré les mesures prévues par le plan, affirmait alors une porte-parole du groupe à Livres Hebdo.
« Un petit horizon »
« Les services du développement économique d'Évreux Portes de Normandie sont pleinement mobilisés afin d'étudier toutes les opportunités de reprise, poursuit Guy Lefrand dans son communiqué. (...) La Ville d'Évreux étant propriétaire des murs commerciaux occupés par l'enseigne, elle entend assumer pleinement sa responsabilité dans l'accompagnement de la recherche d'une solution pérenne. »
Une prise de position bienvenue, comme l'explique à Livres Hebdo Marie-Pascale Fourage, qui officie à la librairie depuis 26 ans. « En tant que salariés, ça nous donne un petit horizon parce que, pour l'instant, on est dans un cadre très particulier de redressement judiciaire… C'est notre emploi qui est en jeu », rappelle la libraire sans rien cacher de la fatigue qui affecte cette équipe de dix personnes, dirigée par Thierry Fayolle.
Mobilisation de la clientèle
« La librairie Gibert est le fruit d'une longue histoire : avant c'était Univers du Livre, qui s'est implanté à Évreux en 1998, puis qui a été racheté par le groupe Gibert », retrace Marie-Pascale Fourrage. « La librairie est au cœur de la ville et de son animation, l'espace papeterie est aussi très fréquenté », pointe-t-elle encore.
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Cet ancrage vaut à l'enseigne ébroïcienne le soutien de sa clientèle. Depuis plusieurs mois, la mobilisation s'organise. Postée le 30 mai par Magali Guesnon, une pétition en ligne, qui rassemble près de 900 signatures, défend « un lieu central de la culture, de l'indépendance et de la lutte pour rendre la culture et la pensée accessibles à tous. ». L'historien octogénaire Bernard Crochet, auteur de sept livres sur Évreux, a lui aussi créé un collectif de soutien. « Nous sommes très touchés par cet élan de solidarité de la clientèle », assure Marie-Pascale Fourage.
Pour rappel, le groupe Joseph s'est vu accorder un sursis, le 30 juin, par le tribunal des activités économiques de Paris qui a prolongé la période d'observation jusqu'à fin octobre.
