Des éditeurs redoutent une récupération du festival d’Angoulême par la mairie | Livres Hebdo

Par Anne-Laure Walter, le 05.06.2015 à 17h20 (mis à jour le 05.06.2015 à 18h00) Bande dessinée

Des éditeurs redoutent une récupération du festival d’Angoulême par la mairie

Le Festival d'Angoulême en janvier 2015 - Photo (C) OLIVIER DION

Le Syndicat des éditeurs alternatifs dénonce les pressions des élus locaux sur l’association du festival et apporte son soutien à 9e Art+, la société organisatrice.

Le syndicat des éditeurs alternatifs (SEA) de bande dessinée s’inquiète d’une tentative de prise de contrôle du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême par les élus locaux, suite à la pétition lancée par des anciens du festival pour faire pression dans la renégociation, en cours, du contrat qui lie l’Association du festival à 9e Art+, la société organisatrice de la manifestation.

“La mairie d’Angoulême exerce actuellement de fortes pressions sur l’association du festival (FIBD) afin qu’elle ne renouvelle pas le contrat avec 9e Art+, comme elle était en train de le faire à des conditions qu’elle juge favorables, explique le SEA dans un communiqué à télécharger ci-contre. Les nombreuses prises de position de Samuel Cazenave, l’adjoint à la culture et nouvellement nommé président de la Cité de la bande dessinée, font craindre une tentative de contrôle, direct ou indirect, d’un festival jusqu'alors indépendant.”

Pour le SEA, regroupement d'une trentaine éditeurs spécialisés en bande dessinée (L’Association, Ça et là, Cornélius, FLBLB, Le Lézard noir...) ne se reconnaissant pas dans le groupe BD du Syndicat national de l’édition, “cette pétition qui reprend presque à la lettre les déclarations d’intention de Samuel Cazenave laisse peser le doute sur ses initiateurs”.

Ces éditeurs rappellent que “les auteurs et les éditeurs sont majoritairement attachés à [l’]indépendance [du festival], qui seule a permis de faire du festival la référence qu’il est aujourd'hui”.
 

Ils fustigent cette “nouvelle tentative de déstabilisation du festival” et rappellent que 9e Art+ reste “un organisateur qui, s’il n’est pas exempt de critiques, aura permis de porter la manifestation à un niveau de professionnalisme et de rayonnement qu’il n’avait pas auparavant”.
 
Enfin, ils déplorent l’absence de volonté des élus locaux de construire des “structures pérennes” pour accueillir le festival “entraînant ainsi des dépenses répétées annuellement et contribuant à maintenir dans une forme de fragilité l’événement majeur d’une ville qui se surnomme elle-même ‘la cité des festivals’”.

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